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Sarcler

mise en ligne : mardi 9 juillet 2013

9 juillet 2013

Extrait de Village, en cours :
Sarcler entre les rangées, aussi. Gratter la terre, tirer les épaisses racines mauvaises, ton dos penché donne la force à tes bras, les pieds posés à plat comme s’ils étaient enracinés, tu poses la fine lame du sarcloir loin de toi, brillante, elle semble aiguisée par la terre sèche et les milliers de raclements, tu la ramènes à toi en appuyant, à chaque geste qui fait disparaître la lame la terre prise dans la boucle du sarcloir donne l’impression que tu vas soulever le jardin entier comme un drap, et te déraciner toi-même ; et puis une saccade morcelle la terre, les fragments gris se reposent, comme si tu n’avais rien fait que craqueler la terre, mais les racines blanches des chiendents, des chardons, des séneçons, des pâturins et de toutes ces autres pousses d’indistincts cotylédons, sont coupées. Quant au liseron… Sarcler, biner, s’échiner ne sert à rien, mais couper pourtant. Tu n’utilises pas de produits chimiques, ils sont proscrits ici. Il faut d’abord partir de la légère fleur blanche, si belle que tu te demandes comment elle peut-être une « mauvaise » herbe, et parcourir le labyrinthe mou des tiges, redescendre jusqu’à la racine et là, se faire battre par la profondeur de la plante en terre : ne pas arracher mais couper, attendre qu’elle repousse pour recommencer plus tard. Tu voudrais pouvoir l’arracher définitivement, mais quelque chose de trop profond, dans la terre, la fait vivre.

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