…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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il y a (11)

mise en ligne : lundi 12 août 2013

La consigne était pourtant simple, claire, sans ambiguité malgré sa possible dualité, disons sa part d’étonnement.

Qu’une fente soit l’issue n’était pas aberrant, nous connaissions le principe de l’aplatissement hors de certaines situations, les voies entre un bout de scotch et la porte qui s’y accroche, il y avait toujours un râle d’espace entre un mur et sa peau, et c’est là que nous nous glissions, non sans blesser au passage quelque mouvement intérieur.

Les directions étaient définies, il n’y avait plus qu’à suivre.

Cela créa toutefois un mouvement de panique.

Au lieu de se rencontrer, tous se croisèrent, se bousculèrent, puis s’éloignèrent en des directions nombreuses.

(On conclura hâtivement : la fente de compréhension possible resta vide ; ne pensant pas au tour de la terre cinq fois par seconde.)

*

il y a certaines complexités
moments de convergences d’ensembles incompatibles
comme les disques de lumières rouge vert et bleu
qui découpent à eux trois une zone blanche
et forment deux par deux une couleur
le jaune (rouge et vert)
le cyan (bleu et vert)
le magenta (bleu et rouge)
aux intersections

il faut imaginer ça pour les humains
milliards de disques, chacun d’une couleur unique
(on aura tué l’habitus)
et des zones d’intersection
autant de teintes de conversations
certaines sombres
d’autres éblouissantes
(quels tableaux avec cette palette…)
à observer aux terrasses
aux téléphones
sur les murs
dans les salons
les autobus
les rues couvertes de pluie

et puis il y a les fibres optiques
qui condensent à la vitesse de la lumière
l’ensemble des humains
en une lumière blanche, illisible
(mais qui contient, dissimulées, toutes les autres couleurs)
tous ceux qui se sont approchés d’un câble
d’un objectif
d’un carnet
d’un autre humain.

Navid Nuur. Paris, Centre Pompidou, juillet 2013.

Mots-clés

corps   paradoxe   ville  
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