…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Shanghai, 2005, en touriste

mise en ligne : mardi 5 novembre 2013

Texte paru dans Shanghai, Urbain, trop urbain — La revue de villes — Nø City Guide, en 2011.

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16 avril 2005, veille du départ, aller voir De battre mon cœur s’est arrêté de Jacques Audiard, Tonino Benacquista et James Toback, au Pasquier. Un film dur pour une veille de départ, mais des mélodies très douces au piano, l’ambiance floue de la ville, des personnages obstinés, peu de dialogues. La professeur de piano est chinoise.

Jour du départ, préparatifs de dernière minute, les cadeaux : emballer le plus hermétiquement possible le fromage, protéger la bouteille de vin, acheter du parfum, des produits de beauté.

L’aéroport de Roissy paraît trop étroit pour sa fonction, objet fermé, décrépi, sombre, replié, ne correspond pas à l’idée de voyage, d’envol au-dessus du monde et l’aéroport Franz Joseph Strauss de Munich, où nous faisons escale à 21h, lui correspond mieux — y entendre même de la grande musique par méconnaissance à la fois de la musique et de la vie politique allemande — flambant neuf il possède cette interminable baie vitrée sur les décollages depuis des pistes invisibles qui se confondent avec le trait de crayon de l’horizon.

Voyage difficile, trous d’air jusqu’à la Mer Noire, puis suffisamment calme pour servir le repas, bien tard, et dormir. Nous survolons les plus hautes montagnes du monde, de nuit ; simplement le savoir, imaginer sous ces autres turbulences qui me réveillent, le Tibet. Beau temps à l’arrivée où l’aéroport de Shanghaï-Pudong sublime ce concept, sans doute banal, d’ouverture sur le ciel ; son architecte est le même que pour Roissy : Paul Andreu. Objet démesuré comme l’est la superficie de la Chine par rapport à celle du pays de départ ou d’escale, ce n’est plus une baie vitrée c’est le ciel même, ce n’est pas une demi-voûte de béton qui la suspend, c’est l’espace du système solaire qui soutient ce ciel.

Luxe d’un 431 km/h en maglev pour rejoindre la ville et le métro.

Métro, la foule chinoise joue des coudes avec un tel naturel : désarmant. Les plus pressés passent devant le touriste perdu face aux guichets, files d’attente et machines automatiques, mais tout aussi bien devant n’importe qui, car celui qui n’est pas pressé sait prendre le temps et en prêter à celui qui est pressé. Alors nous prêtons.

Quartier de commerces de luxe, vendeurs à la sauvette, « watch-ceedee-deeveedee-bags-special-price-for-you », parfums et produits de beauté aux noms francisés.

Le premier soir, à la porte de la chambre d’hôtel, un homme du roomservice frappe, se présente avec un rouleau de scotch, des ciseaux et de la ficelle, s’ensuit un échange surpris et incompris de part et d’autre avant qu’il ne comprenne sa méprise.

S’éloigner. Le quartier de nos amis. Elle est shanghaïenne, il est français installé depuis trois ans.

Taxis, mobylettes et scooters, vélos qui entassent, sur et derrière le porte-bagages, quatre fois leur dimension en d’énormes cubes de cageots, boîtes de chaussures, matelas, réfrigérateurs, sacs de fleurs…

Échoppes ouvertes sur la rue, devant sur le trottoir contre un arbre il suffit d’une table et de deux chaises et voilà des riverains qui discutent, boivent le thé, accroupis pieds à plat fesses basses, tête sur les genoux. Le commerçant vient y manger, en attendant le client, la vie déborde sur le trottoir, tant que c’est comme s’il suffisait à ces maisons serrées de mesurer le mètre cinquante de profondeur que je leur prête depuis la rue.

Observer peu, conclure beaucoup, le fait d’être touriste, de n’avoir que quelques jours, de ne pas connaître la langue et à peine la culture, rend difficile la possibilité de simplement voir. Un jugement, sur un comportement, de quelques jours différerait-il au bout de quelques mois, années ? Je suis pourtant ici, comme je pourrais l’être depuis toujours si je ne m’étais jamais intéressé auparavant à ce qui se passait autour de moi, ouvrant les yeux aujourd’hui seulement sur mes voisins.

Sur ce chantier, un mur en construction. Le premier ouvrier prend, dans le tas, une brique, la pose devant le second qui y étale du ciment et la donne au troisième qui la place sur une pelle plate à long manche qu’un quatrième soulève pour que le cinquième puisse l’attraper deux mètres plus haut sur un échafaudage de tiges de bambou de 8 à 10 centimètres de diamètre chacune et tenues entre elles par des nœuds de ficelle. Sans doute que là-haut, derrière les plastiques n’empêchant pas la poussière de construction d’atteindre la rue, se cache un sixième ouvrier qui pose la brique à sa place ; imaginer une file d’ouvriers en spirale se passant la brique jusqu’au centième étage ? Et combien d’autres encore font pousser ces tours dont l’échafaudage extérieur, débordant de la tour à la manière d’un chapeau de champignon, surmonte l’érection en cours ?

Au moins cinquante immeubles de la catégorie de ceux de la Défense, à cette vitesse, dans Pudong et dans le centre.

Échoppe de chaussettes, réparateur de vélos, bar à noodles, frippiers, maraîcher, cuisine de rue (comment appeler autrement ces quelques étagères, ce placard d’ingrédients et deux marmites sur leur feu ?)

Dans le parc Fuxin, des ancêtres calligraphient à l’eau sur les allées pavées, à l’aide de gros pinceaux trempés dans un seau rouge.

Dans les lilongs, côté rue, des ouvriers mangent des noodles, des bao zi (pains très chauds à la viande ou aux légumes), des œufs cuits dans une marmite de bouillon, de la viande grillée.

1 yuan la galette œufs-légumes.

Des vendeurs de fruits portent sur leurs épaules une palanche, barre en bambou aux extrémités de laquelle sont suspendues comme les plateaux d’une balance deux larges coupes pleines de fruits et de pâtisseries. On les voit en fin d’après-midi dans les quartiers d’affaires et à proximité.

Dans ce parc, un érable centenaire est évalué par le regard silencieux de deux vieillards. Au bout de longues minutes, ils touchent l’écorce du large tronc, échangent quelques mots.

Pas vu d’enfants, ou si peu, en tous cas moins que d’immeubles en construction. Deux nouveaux-nés, quelques enfants de trois ou quatre ans avec leurs mères, mais pas de landaus, pas de poussettes, pas de bébés. Quelques écoliers, collégiens, en uniforme (huit heures de cours par jour).

Hommes et femmes mélangés le soir, devant les échoppes, jouent aux cartes ou à ce jeu à damier et pions ronds bicolores (une par face) sur lesquels est écrit un idéogramme.

La journée, beaucoup de femmes, surtout dans les quartiers chics, boulevards commerciaux modernes et clinquants, occidentaux. Les affiches publicitaires pour la mode et la beauté montrent des mannequins métisses ou blancs.

Tea-house. À l’intérieur, des joueurs de cartes fument sous un érable de Chine en plastique. Thé très fort et pourtant subtil, petites théières en terre cuite sur leur support en bois récupérateur d’eau. Tasses minuscules, pour deux ou trois gorgées, pas plus. Pour les touristes, à la deuxième tournée, la serveuse apporte un brûleur à pétrole dans son support en osier sur lequel une plaque en fonte accueille une vieille théière en terre cuite ouvragée ; nos amis n’ont jamais vu ça ici, être touriste a du bon, surtout quand des locaux vous emmènent dans des lieux non-bilingues anglais, qu’aucun guide ne mentionne. Fruits secs en libre service.

L’angoisse de se perdre, de ne pas pouvoir se faire comprendre, les chauffeurs de taxis ne lisent pas le pinyin, l’impression que notre vie tient à une direction, à une mauvaise prononciation ; vouloir s’isoler dans un quartier bien délimité pendant six mois, un an, apprendre la langue, devenir chinois, shanghaïen, connaître chaque rue et chaque personne de cette zone, l’histoire de leurs vies, leurs goûts, plaisirs, peurs, secrets, avant d’oser aller plus loin.

Ne pas vraiment parler, pas avec les gens. Que faire ici ? Est-ce que cela consiste à regarder la ville, les gens, se faire à soi-même des commentaires ethnocentrés ? Quoi ?, un zoo humain, un safari ?

L’appareil photo tire les clichés.

Penser que le tourisme est déshumanisant. Mais que serait : voyager ?

Dans les librairies beaucoup de gens lisent, assis par terre, plus que dans nos bibliothèques municipales, des rayons sont difficiles d’accès. Cela est récent qu’il y ait autant de librairies et que les livres ne soient plus emballés, lire avant d’acheter était impossible. Certains prennent des notes, les plans de ville sont usés aux pliures.

Le grand Bookshop de Fuzhou Lu nous accueille aux mots de « Les livres constituent un des marchepieds pour le progrès de l’humanité. » Ici, devant cette profusion littéraire, tout semble indiquer que l’ère du tais-toi et obéis est en train de passer à un air que je connais bien : cause-toujours et obéis. Mais comment savoir dans ce qui est imprimé là, la liberté, la censure ? Et puis dans ce magasin sur plusieurs étages, les livres sont trop chers pour le salaire moyen. L’expresso de la cafétéria est à 18 yuans, à ce prix il est possible de manger plus qu’à sa faim pendant deux ou trois jours dans des bars à noodles.

Il existe un panneau de signalisation pour interdire de klaxonner, qui n’est jamais écouté.

Les taxis ignorent les feux.

Des agents de circulation, veste et pantalon beiges, casquette et gilet jaune fluo avec bandes blanches phosphorescentes, jusqu’à quatre pour un carrefour, font passer les piétons ou les bloquent selon que le feu pour piétons est vert ou rouge. Et, comme l’agent de police dans L’histoire de ma vie de Lao Che, et malgré l’apparente redondance de leur tâche, ils n’ont aucune autorité sur ceux qui veulent passer malgré tout. Certains agents laissent faire et regardent impassibles courir les plus pressés, d’autres tout aussi immobiles lancent un coup de sifflet à ces rétifs, d’autres encore vont au contact physique et parlent haut. Celui-ci va même jusqu’au milieu de la deux-fois-deux-voies pour attraper la manche de veste de cet homme qui finit par l’emporter sans même s’arrêter ni lâcher un seul mot, l’agent fait demi-tour en sifflant, strident, et laisse même passer, sans doute autant surpris que moi par ce qui vient de se passer, une femme qui s’est décidée à imiter l’homme en complet-veston ; il finit par n’empêcher que les piétons dociles.

Dans L’histoire de ma vie, le personnage, quand il devient agent de police, ne veut pas risquer sa vie pour « 3 yuans par jour » (nous sommes là dans les années 1910).

Dans Lao Che encore, les petits commerces fleurissent le long des trottoirs, les produits se renouvellent en générations bien rapides pour le personnage ; cela semble n’avoir pas changé et, comme dans ces nouvelles Des gens de Pékins quand une dynastie remplace une autre, il y a du remue-ménage et puis tout continue comme avant, au fond. Le communisme ne serait qu’une nouvelle dynastie, un régime non plus familial mais tout autant dominant et fermé, à subir, en essayant de vivre dessous à respirer du mieux qu’on peut, sans plainte ni rébellion, sans risquer sa vie pour 30 yuans par jour, et maintenant, ce que nous voyons, ce régime, ancien ou nouveau, quel est-il ? Il s’installe, il est peut-être déjà installé, il n’en finit pas de s’installer.

Dans ce jardin public, dans un grand bassin saturé de poissons rouges, plusieurs hommes, à l’épuisette, pêchent ; probablement en vue de les revendre au marché aux poissons.

Dans les restaurants, demander les tickets de loterie est très mal vu car, en tant que touristes nous ne sommes pas censés connaître l’existence de ce jeu : le nombre de tickets que l’on peut gratter dépend du prix du repas, et les souches reviennent au gouvernement local qui s’en servira pour estimer le chiffre d’affaire et donc les taxes… Quand on perd, c’est écrit 谢谢, xiè xiè, merci.

Le temps passe, les maîtres changent, mais la vie de famille reste la même, la vie de quartier est toujours là, les échoppes sont vivantes, les contraintes sont les mêmes, payer, subir, obéir, et vivre dans les interstices. Une différence que je devine avec le passage d’une dynastie à une autre, est que le capitalisme ne supporte pas les petits commerces. Le mall center comme il s’en construit partout, opère par destruction et remplacement. Se peut-il que le marché de l’immobilier réduise quant à lui les traditionnelles cours intérieures familiales à des tours verticales à digicode où la relation à l’autre est modifiée, pour ne pas dire effacée ?

Et des anciens quartiers dans lesquels j’ai marché il y a six ans, combien subsistent encore aujourd’hui ?

Mais c’est surtout un mystère qui plane dans ces rues. Vingt millions d’habitants, pas de journaux, ni d’organisation syndicale ou politique qui soit libre, et une ambiance agréable, accueillante, une paix, ici, à toute heure du jour et de la nuit, la vie suit un cours que je suis capable de reconnaître, de partager.

Difficile de voir sans comparer. Touriste, je ne fais que mesurer des distances, établir des grilles, chercher des images pour des cases connues. Est-ce que je comprends ce que je trouve ?

Les mendiants sont-ils réglementés ? Il y en a si peu et tous profondément handicapés, défigurés, mutilés.

Penser aussi aux hôpitaux, au système de retraite des villes, à celui des campagnes. La prise en charge des examens obligatoires pour la grossesse uniquement si le couple est marié. Un nombre d’années à respecter entre deux enfants.

Se demander, au fond, quoi de si différent entre ici et là-bas ?

Where are you from ?

Ce touriste canadien, regarde drôlement mon livre, La montagne de l’âme, de Gao Xingjian. Il me recommande de faire attention : lire cet écrivain chinois interdit en Chine (réfugié en France) pourrait m’attirer des ennuis.

Dans la chambre d’hôtel, un soir, le téléphone sonne, personne.

Un parking à vélo. 1 yuan payable au départ. Une dame, dont la tête, quand elle est assise, ne dépasse pas des vélos, porte une casquette trop grande pour elle, va chercher ceux qui se préparent à partir en leur tendant un ticket. Un homme l’ignore, après deux pas de courses elle le retient par le porte-bagages, il lâche le yuan. Une femme pose son vélo à quatre mètres du début du parking (qui n’est pas délimité) et rentre dans le magasin de robes en ignorant le rappel à l’ordre de la dame à casquette : le vélo se retrouve aussitôt, d’autorité, posé avec les autres. Quelqu’un d’autre garde le vélo de son amie pour éviter de payer le yuan. La dame à casquette ne lui jette pas un seul regard mais je devine qu’elle l’a vu et le surveille discrètement, au cas où elle puisse attraper le vélo et le poser dans ce qu’il est bien convenu d’appeler son parking.

Le marché de Tian Shan, sur Zhong Shan Lu, trois étages de thés, plus ou moins fermentés, récoltés ce printemps, plus ou moins amers, doux, différentes coupes de la plante : bourgeons, feuilles hautes ou basses, fleurs… Crus et cépages, Taïwan, Sichuan, Yunnan, Fujian… Eau de source non minérale ni calcaire, 80°C, 90°C ou bouillante selon les thés, chauffe dans des bouilloires électriques. Déguster dans ces minuscules tasses sans anse, des coupes ou coupelles, extérieur terre, intérieur faïence ; filtrage après filtrage dans la théière dont l’eau déborde, le goût change. La théière en terre cuite est à l’échelle des tasses, fine, lisse, légère, elle tient largement dans la paume et l’eau qui en déborde quand on referme le couvercle est récupérée par le support en bois prévu à cet effet, à travers des fentes ouvragées. Il y a un comptoir entier sur ce principe, sculpté d’arbres fleuris, de tortues, de dragons et de grues, avec plateau amovible ajouré, derrière lequel la marchande, à gestes vifs, attrape les tasses avec une pince en bois ou en métal, les vide, les rince, les repose, ressert du thé en versant depuis un verre (pour goûter un verre suffit à infuser), elle met de l’eau chaude partout mais ce n’est rien, tout s’écoule à travers le bar. Il faut faire passer l’eau une première fois pour déplier et dépoussiérer les feuilles. Ensuite, avec ces feuilles de Long Jing de Taïwan, au bout de quelques tasses, le goût de châtaigne se déploie sur le fond de la langue et sur le palais. Après seulement quatre ou cinq dégustations, deux ou trois (petites) tasses à chaque fois, le cœur bat, mes mains tremblent, pas celles de notre amie chinoise, habituée.

Sous le pont d’un échangeur autoroutier, tous les jeudis, un marché aux oiseaux.

Autre hôtel, ça frappe à la porte, il est 23 heures. J’attends, ça frappe encore. Me lève, je regarde par l’œil, c’est un militaire. Je retourne enfiler un pantalon, j’ouvre. Il a disparu.

Dans le quartier étudiant, dans un magasin de fournitures, je commande, pour ex-libris, un tampon sculpté en faux marbre vert, d’après trois caractères qui me plaisent et que je traduis, sans doute un peu arbitrairement, par « possibilité de gravir la montagne ».

Shanghaï, 上海, signifie « 上 au-dessus de 海 la mer », sauf que même depuis le 88é étage de la tour Jin Mao, à Pudong, nuageux aujourd’hui, je ne vois que l’horizon gris et la pollution qui poudroie, et le fleuve qui s’élargit ; à partir d’où est-il salé ?

Comme Winston dans 1984, mon ami français trouve choquant que les livres d’école puissent être modifiés à loisir sans respect de la vérité de faits historiques avérés. Sa compagne chinoise trouve tout cela inutile : oui le parti écrit les livres d’histoires et contrôle les médias, et alors ? Ça change quoi qu’il écrive ci plutôt que ça puisqu’on sait ce qui s’est passé et voilà tout. Et les manifestations ça change quelque chose en France ? Je réponds : pas toujours, ou presque jamais, mais si c’était seulement une fois ?

Poursuite : trois policiers courent après un vendeur de rue dans un quartier où légalement il ne doit pas y avoir de vendeur de rue.

Entrée-plat-dessert n’existe pas, et on partage ce qui arrive dans l’ordre de cuisson.

Jour du retour, férié en France, soleil sur le boulevard Hausmann désert, même pas un touriste japonais à guider. À l’appart, ouvrir grand les fenêtres, une ou deux lessives, un peu de rangement et surtout une brasserie, un steak frites saignant avec de la baguette et un verre de vin. Et le cinéma comme lutte ultime contre le décalage horaire, séance de 19h50, Locataires de Ki-Duk Kim, lent, enivrant, presque aucun dialogue, un film un peu mou pour se remettre à l’horaire locale, mais indéniablement beau, chaque image composée, une poésie flottante, mystérieuse.

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