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Béton armé

mise en ligne : mardi 19 novembre 2013

Le livre de Philippe Rahmy ne parle pas de Shanghai, ni de la Chine, mais du monde, des hommes, enfin, à quoi vous attendiez-vous ? Remplacez "Chine" par "France", par "Monde", "Shanghaï" par "New-York", par "ici", par "là-bas", par "quelque part", "chinois" par "français", "américains", "humains", et voyagez à travers ce que vous ne voyez pas, mais qui est pourtant là, à portée de voix. Voilà ce que nous dit l’auteur.

Le livre est composé de poèmes dont les vers auraient été accolés, élevés, en gratte-béton. Pas le ciel dont il est question ici, ou alors celui du souvenir, familial. Ouvrez le livre et vous ne verrez pas ces poèmes, vous verrez les paragraphes d’un roman ; mais je vous demande de lire, pour entendre en quoi ce livre a, comme d’autres dont j’ai déjà parlé ici, et dont je parlerai encore, dépassé le "roman-roman", dont Philippe Forest nous disait il y a deux ans (avant d’écrire son extraordinaire Chat de Schrödinger), qu’il est "en coma dépassé".

Les corps débordent du métro comme ils le font hors des tombes ou des maternités trop pleines, des imaginaires dont les paupières sont décousues au tranchant d’une douleur prénatale et indéfiniment prolongée. Et le bruit et l’errance dans ces rues, et le silence des hôtels et la prostitution de voisinage se mêlent aux souvenirs d’enfance, ceux dissimulés à même la ville, la ville la plus lointaine qui soit, derrière une langue dont on franchit la barrière en mordant les chiens errants.

Ça se passe à Shanghaï parait-il, et j’avais reconnu, et je vois aussi que le temps passe vite, là-bas.

*

Béton armé, aux éditions de la Table Ronde.

Portrait de l’auteur dans Libération du 30 août 2013.

Mots-clés

ville   Shanghai   Philippe Rahmy   lecture  
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