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Plat de nouilles, débandade et confusion généralisée.

mise en ligne : mardi 18 février 2014

13 février 2014

Tout est confus, tout se mélange, on ne distingue plus rien.

Qu’est-ce qu’il leur prend ?

C’est la confusion. C’est ce qu’on dit en cas de déroute, de débâcle, de débandade, tout devient mou, et pas seulement, alors que tout était droit et carré, organisé et dirigé, élevé, suprême, tout devient soudain plat de nouilles [1], système complexe que les mathématiciens peinent à mettre en équation.

La confusion ne peut être décrite, sinon ce n’est plus la confusion, c’est l’ordre, clair. La confusion n’est pas le désordre, celui-ci est plus structuré que la confusion, il y a une logique dans le mélange, nous y retrouvons un objet égaré, un soldat perdu, une arme enrayée entre un chêne éventré et un trou d’obus de plus. Mais la confusion, que chercher là-dedans ? Nous ne savons même pas y deviner quoi chercher. Plutôt des livres ? Plutôt des fleurs ? Plutôt des idées ? Plutôt des regrets ? Nous n’y comprenons rien et sommes frappés de stupeur. Au milieu d’un grand remous indistinct de ce qui ressemble à des centaines de serpents entremêlés et sifflants, Méduse nous a regardé, sommes pierre.

Le mouvement de troupe, de foule, devient flou, la carte se brouille, ce ne sont plus des soldats, des êtres, des agents, des statistiques analysées, des coordonnées vectorialisées comme l’état-major l’avait planifié, non, c’est un gaz qui soudain se répand dans les directions qu’un souffle qui n’est pas né du vent incite.

Moins qu’un gaz, c’est un râle. Une armée de râles, l’ordre de la marche qui s’effondre en toussotant. Même pas, sans la force pour ça, non, rien qu’un râle. Rrrlll.

Il n’y a rien à opposer à un râle, une fois qu’il est émis, mystérieusement soufflé, rien n’est plus possible, aucun contre-souffle, le râle est du domaine fantomatique, entre les dimensions, les traversant, traversant les collines, les arbres, les troncs et les corps pleins. Nous ne pouvons rien opposer aux râles, sommes gênés, autant à imaginer la confusion qu’à la ressentir, la gauche devient la droite, les idées deviennent le sol qui s’effondre sous nos espoirs, la pratique devient une archive protégée par mot de passe, le local marché de légumes informes et terreux devient le sommet d’une organisation internationale de contrôle des fluxs, l’or devient miné par des algorithmes qui modifient son numéro atomique, la vitesse de la lumière diminue, les satellites tombent, un amalgame de gens défilent.

Un râle. Et puis un autre. Un autre râle, encore, encore un autre. Comme ça, hhh, hhin, hinn, hhh…

Tu le reconnais ce râle ? Oui, oui, hh, hhiin, hhh… Comme ça, oui, c’était comme ça. Hhh Et forcément, tu t’en doutes de la fin de cette histoire, pour chaque râle, neuf mois plus tard, le général devait enfanter, et enfanter encore, et neuf mois par ci, et neuf autres par là, souvent les mêmes neuf mois, ou d’autres, enfin, le général enfantait de sa propre infanterie.

 

 

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Texte pour le Général Instin.

[1] Déjà pas évidente, les mathématiques du spaghetti sec, quand il casse. Ici ou . Voir aussi la géométrique des pâtes.

Mots-clés

Général Instin   MouLiN   politique  
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