…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Jourde, Pierre. La première pierre.

mise en ligne : mardi 25 février 2014

Page 146

Est-ce, là encore, héritage de ce rapport ancestral à la parole, il t’a toujours semblé que la parole n’est pas bonne en soi, qu’elle est même forcément mensongère. Une sorte de honte s’y attache, le sentiment qu’il lui manquera toujours cette réserve sans laquelle il n’est pas de vérité possible, ce serait à la condition de faire toujours entendre cette réserve, de ne pas se départir de son secret. C’est pourquoi un vrai roman est peut-être toujours un roman du secret. Il tourne autour de quelque chose d’obscur, profondément enfoui, et qui ne sera jamais tout à fait éclairci.

 

Page 172

Le pays perdu est cet oubli, cette absence violemment parfumée. C’est l’usure. Ici, la terre montre la trame, le paysage est une violence en voie d’effacement. C’est au moment où il va s’évanouir que l’être nous saisit dans son évidence et son mystère. Voilà ce qui retient, sur ces grands plateaux entaillés de gorges profondes, où le vent ne cesse d’énoncer un appel incompréhensible.

 
 
 

Pierre Jourde, La première pierre. Gallimard, 2013.

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Pierre Jourde  
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