…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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I wish I had

mise en ligne : dimanche 18 mai 2014

16 mai 2014

J’aimerais tenir un vrai journal très quotidien, avec même parfois peu chaque jour, et même quelquefois un jour sauté, mais ce serait rare bien sûr, j’aimerais tenir un vrai journal comme le font Guillaume Vissac et Seb Ménard.
Pour un meilleur compte-rendu de ces jours éclatés, une régularité qui me fasse entrer dans quelque chose qui m’échappe encore.

 

Et aujourd’hui, que s’est-il passé ?

*

Un test, suite à une conversation sur Facebook, sur écrivain/écrivaine, où Philippe Annocque me rappela cet article que j’avais déjà lu, et qui est même sans doute à l’origine de mes interrogations ayant finalement conduits précisément à cette conversation. Voici le test, total sic :

La Marquise sortit à 5 heures, elle claqua la grand porte et courut sur l’allée de graviers, que ses bottines de suède bleu firent crisser. Elle s’engouffra dans la limousine blanc dont la porte arrière était ouvert, et que le chauffeur fit claquer avant de trotter par derrière la long voiture pour prendre le volant ; il claqua lui aussi 1 porte, mais 1 petit, la sienne modeste, portière de chauffeur.

Où allait-elle ? Quel indications donna-t-elle au chauffeur ? Ceul-ci parlerait-il si on l’interrogeait ? Ceul-là lui en avait-elle donné ? Il savait peut-être où voulait aller la Marquise, avait suffit un regard dans le grand rétroviseur intérieur, qui ne servait qu’aux regards, avant qu’elle ne commande le volet de séparation, la laissant elle à son histoire, et lui à chercher la route. Mais quel besoin de chercher 1 route que l’on connaît déjà ? Incohérences, cahots, quel route plus court emprunter ? Mènerait-elle, cet route, à un lieu différent de là où l’habitude nous a déjà fait si souvent échouer ? Comment savoir sans essayer ?

Est-ce mutiler la lang ?

I wish I could write in english.

Marquise went out at 5. She slammed the door and ran on the gravelled path, which screeched under her blue suede boots. She rushed into the white limo and yelled at the driver.

Quelque chose comme ça.

*

Je suis plongé plus ou moins malgré moi dans la série de la Fée Clochette, films d’animation des studios Disney Toon, réalisés par Peggy Holmes, John Lasseter, Bradley Raymond… C’est admirable le travail fait sur le casting, toutes ces fées-femmes et ces fées-hommes, les femmes ayant les rôles principaux, jusqu’à 7 personnages simultanément, dans un monde d’égalité, chacune a la place qu’elle s’est faite — dans les limites de son talent naturel, car chaque fée est douée pour une chose, comme de naissance (ce que l’épisode le plus récent, avec les pirates, remettra en cause), et on les voit dans le pays des fées, sorte d’usine à ciel ouvert, sans syndicat ni droit du travail, faisant fonctionner la Nature avec un grand N : guider les animaux de saison en saison, bricoler des objets pour les autres, gérer la chaîne de distribution de la poudre de fée (qui fait voler), colorier les animaux etc. La question du féminisme se pose d’emblée. J’ai tendance à dire que cette série est féministe parce que par rapport à la Clochette de Peter Pan (1953, Geronimi, Jackson, Luske), la fée (la femme) a la parole, n’est pas motivée uniquement par la jalousie (les sirènes sont également jalouse de Wendy), se pose des questions qui n’ont pas l’homme pour objet, mais sa propre vie, sa propre liberté, sa propre émancipation, avec les transgressions nécessaires des lois établies (passer la frontière de l’hiver, explorer les zones interdites dans l’Autre Monde, expérimenter la chimie de poussière de fée…) Bref, le test de Bechdel est passé haut la main. On pourrait se poser des questions sur la perfection physique des héroïnes ; les hanches larges, embonpoints et joues rondes étant réservés aux seconds rôles… Disons qu’ils sont présents en second rôle, ils existent, au moins ils sont là, ces gens normaux qui ne sont pas des stars de la pose photographiée, alors c’est déjà pas mal, vu le contexte actuel. Nombre d’autres questions se posent sur la cohérence interne de ce monde, et puis on ne quitte pas pour autant le cinéma américain, et particulièrement celui pour enfants : moralisme, pardon, etc., selon le plan que j’ai établi l’autre jour dans lequel les chapitres 4 à 10 peuvent être mélangés, découpés.

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