…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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True

mise en ligne : dimanche 1er juin 2014

26 mai 2014

J’aime beaucoup les couleurs dans True Detective. Je ne sais pas si je regarderai, comme je le souhaite, tous les épisodes. La qualité d’écriture, de réalisation sont pour l’instant vraiment parfaites, le temps passe lentement, quelque chose prend de l’ampleur après chaque scène, dans l’ambiguïté des personnages, leur richesse qui tarde à se dévoiler, dans le dispositif général des deux époques où cela raconte, 1995, 2012 ; tout cela est parfait, et les couleurs donc, de la Louisiane de 1995, ces verts, surtout, comme filmés à l’époque, photographie argentique, et un souci des contrastes.

(La photo ne vient pas de la série, c’est du vert à moi)

*

Arnaud Maïsetti :

passer la main dans ses cheveux. rater sa correspondance. fermer les yeux d’un mort. relire un livre pour la seconde fois. pour la troisième fois. quitter la séance de cinéma au milieu. rester pendant le générique de fin. les rêves volontaires avant de s’endormir. les rituels de conjuration. attendre celle qui ne vient pas ; atteindre cette minute où le retard commence. la première parole du matin. le deuil de son fils (le deuil de son père). la page du milieu. l’agacement que produisent les bruits de l’insecte au milieu de la nuit. la peur rétrospective. les pays désirables. l’amour. les rencontres de hasard. les traces que forment les avions dans le ciel.

combien de sensations, d’expériences, de réalités pour lesquelles nous ne possédons aucun mot ? au lieu de ces périphrases lentes et longues, ce sont des mots simples et forts, uniques, qu’il nous faudrait. comme il nous manque ces mots, ces mots encore inconnus qu’on inventera (d’autres expériences qu’on ne connaît encore exigeront d’autres mots qu’on ne possède pas) : comme il nous manque ces mots pour nommer ce qui traverse là-haut et en nous ; souvent les gestes les plus simples, devant lesquels nous restons muets, qu’on contourne par des phrases trop lointaines — souvent on reconnaît ces gestes et ces signes sans nom au seul fait que devant l’on se tait.

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