…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

AVERTISSEMENT :
Ce texte a été publié il y a longtemps, par conséquent, il commence à s'effacer. Les textes de plus de quatre ans sont presque illisibles. Prenez garde.
Voir la page vernis numérique pour en savoir plus sur cette patine numérique.

Nuages

mise en ligne : mardi 3 juin 2014

29 mai 2014

Et les nuages, ces sombres violets qui se découpent sur des bleu gris plus clairs, effilochés en pluie, qu’Hubert Reeves pointe du doigt et commente, interrompant doucement la conversation pour la reprendre aussitôt, alors que nous roulons sur l’A10 à 138 km/h bloqués sur le cruise control de la Peugeot 3008, Cyril Rayer, ancien étudiant en anthropologie, au volant, pour l’association de photographie Nature humaine, au Blanc, qui propose une photocabine qui n’est pas un photomaton, et une expo photos que des lycéens ont réalisé en atelier avec Israel Ariño.

Alors, depuis l’arrière de la voiture je prends en photo les paysages, nuages, couleurs. Et pense aux étoiles, à une photo de la Voie Lactée au-dessus de la Tour Eiffel, je ne crois pas que cette photo existe, ni qu’elle puisse exister, il faudrait pour cela éteindre l’Île-de-France pendant une heure, immeubles, maisons, lampadaires, phares : ce serait chaque année, la nuit du 30 septembre au 1er octobre, entre 1h et 2h du matin ; à vos calendriers.

Le soir, c’est la performance Décor Lafayette, lecture d’Anne Savelli avec Jean-Marc Montera qui improvise à la guitare. Les sons produits par JMM à l’aide d’instruments (cf. photo) m’ont fait réaliser à quel point la musique est un texte, cela m’est apparu clairement là, plus qu’à écouter un riff, un solo, une mélodie jouée à la guitare dans une chanson, de manière classique, ici, cette manière de créer du son, des boucles, de fabriquer des textes musicaux sans l’aide de l’habituelle partition est fascinante, et ouvre une compréhension nouvelle de comment se fabrique, non pas seulement la musique, mais toute écriture. Comme si l’improvisation permettait cela, amplifiait l’écriture porte fermée que l’on a, ce geste déconnecté, sur la longueur, qui peut s’apparenter à une expérimentation, et dont toute trace d’expérimentation a disparu au moment de la publication. Sur scène il est possible de montrer cela, d’ouvrir la porte, de le faire entendre, et de le dire, c’est l’écrire. Et ce qui me plaît c’est le lien avec ma propre improvisation de texte écrit sur scène, idée qui vient de l’existence du compte Twitter de Dita Kepler, parce que twitter c’est un peu improviser, c’est aussi le cas d’avoir un site, blog, la publication en direct ou quasi-direct, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a que de l’improvisation en ligne, mais il y a cette expérimentation qui est soulignée, utilisée, c’est l’atelier ouvert qu’on peut trouver sur le web, c’est aussi ce qu’on trouve pendant le temps court d’une séance d’atelier d’écriture.

Vous pouvez soutenir mon écriture en achetant un livre, en commandant une Nuit écrite à la main pour vous, en devenant abonné.e à partir de 1 €/mois via Tipee, vous pouvez aussi