…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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L’invention de la boule de cristal

mise en ligne : lundi 16 juin 2014

3 juin 2014

True Detective, toujours un peu.

Le ralenti à la fin du dernier plan de l’épisode 3. Fort.

Un effet simple, surtout pour un fin d’épisode comme ça. Et puis c’est parce qu’il y a l’inspecteur interrogé en voix off. Et la musique.

Et juste avant, il y avait ces verts tendres, lumineux.

J’ai un peu peur du sentencieux du personnage joué par Matthew McConaughey, des musiques un peu trop évidemment sombres et bien en place. Mais ça me semble tenir encore, et puis certaines musiques, comme celle pour la route filmée d’hélicoptère plutôt originale inattendue ici avec ce côté électro et trouvant malgré tout sa place. J’attends un basculement, tout y converge, les deux époques, la première enquête, la seconde, sans doute que la seconde va prendre la place que la première occupe jusqu’à présent, je m’interroge sur le point de basculement. Et puis je commence à voir des stéréotype de réalisation, vus dans The wire (moins) et The Sopranos (plus) : un plan de fin sur un travelling arrière, le cadrage serré avec les héros s’élargit, un paysage s’ouvre au-dessus, au-delà d’eux, la série qui s’annonce plus grande que ce que l’on a vu…

Après avoir vu l’épisode 4, je découvre qu’il s’agit d’une série "anthologie", c’est à dire que les huit épisodes de cette première saison formeront un tout arrêté. Jusqu’à présent les scènes de 2012 me semblaient de moins en moins utiles, après avoir créé une tension, une attente, elles devenaient automatiques, et puis à l’épisode 4, un décrochage, le mensonge commence à s’immiscer plus visiblement, quelque chose commence à trembler en 2012, qui pour le moment ne tremblait qu’en 1995. Voilà ce qui s’annonçait, qui ne s’annonçait donc pas du tout, aucun basculement, plus le temps en quatre épisodes, le temps de 2012 ne va pas remplacer celui de 1995 où l’enquête est, pour nous, encore incomplète, ou alors peut-être. Je ne sais pas.

Pari, en revoyant l’épisode pour écrire ce journal éclaté, alors je le mets ici pour mémoire, spoiler possible et involontaire si j’ai raison.
Car si j’en crois les codes du polar, au moins de certains, déjà lu chez Ellroy et vu au cinéma, et l’ironie du personnage principal, Rust Cohle, interprété par Matthew McConaughey, nous avons déjà vu le coupable, l’avons peut-être déjà entendu parler, au milieu des témoins et des gens croisés, et je me dis que le meilleur moment pour ça serait l’identification que Hart reçoit par radio dans sa voiture tandis que Cohle parle à ce type là, sur sa tondeuse, dont le nom serait donc dit par radio hors-champ alors qu’on le voit, de loin, devant une ancienne école fermée. Pointé du doigt, mis en pleine lumière, c’est lui, c’est Lui !

MF n’avance pas en ce moment. Je voudrais être Google, analyser les millions de données des écrivains connectés, des poètes, des professeurs de lettres modernes, critiques, lecteurs, libraires, bibliothèques, etc., et trouver et comprendre le bigdata de la poésie mondiale, en tirer les tendances, écrire LE livre. Comme quand Google cherche à racheter une startup, Google cherche un secteur clé, Google fouille dans les mails, les agendas, les applications dans lesquelles il a promis, peut-être, de ne pas regarder ("en cochant cette case je certifie n’avoir pas lu les conditions générales et les accepter intégralement"), enfin Google veut du neuf pour investir et grossir encore, pour tout cela Google regarde dans sa boule de cristal : ses données.

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