…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Usine rêves

mise en ligne : lundi 7 juillet 2014

6 juin 2014

J’écoute Histoire(s) du/des cinéma(s), de Jean-Luc Godard, dont il semble qu’il existe un film, mais j’ai trouvé ça ici.

On y entend qu’Hollywood a mieux réussi que la Russie son usine à rêves.

On y entend "La civilisation est dans le peuple, la barbarie dans les gouvernements", d’après Victor Hugo :

Les nations ont au-dessus d’elles quelque chose qui est au-dessous d’elles les gouvernements. À de certains moments, ce contre-sens éclate : la civilisation est dans les peuples, la barbarie est dans les gouvernants. Cette barbarie est-elle voulue ? Non ; elle est simplement professionnelle. Ce que le genre humain sait, les gouvernements l’ignorent. Cela tient à ce que les gouvernements ne voient rien qu’à travers cette myopie, la raison d’état ; le genre humain regarde avec un autre œil, la conscience. — Actes et paroles

J’imagine qu’il faut rapprocher cela de la pauvre phrase qu’il a lancée, disant qu’il voulait voir Marine Le Pen au poste de premier ministre "pour que ça bouge un peu", insultant en réalité au passage les gouvernants actuels, disant que tout gouvernement est barbare, qu’on y mette Valls ou Le Pen ; mais alors pourquoi cela bougerait-il davantage ? Au fond il faudrait, de son point de vue s’il veut mettre sur le même plan la barbarie des uns et celles des autres, dire que ça ne bougera pas plus. Mais les barbaries respectives ne sont pas du tout les mêmes, celles liées à la finance, les autres liées au racisme, ne sont pas comparables. Enfin, une provocation inutile, à côté de la cible, mais bien tenté, surtout peut-être pour qu’on le laisse tranquille, après cette overdose médiatique qu’il a eut autour de Cannes. Mieux vaut regarder ses films, ce que je m’efforce de faire, tout en lisant Contre Sainte-Beuve.

Et pour ne pas avoir vu l’abîme qui sépare l’écrivain de l’homme du monde, pour n’avoir pas compris que le moi de l’écrivain ne se montre que dans ses livres, et qu’il ne montre aux hommes du monde (ou même à ces hommes du monde que sont dans le monde les autres écrivains, qui ne redeviennent écrivains que seuls) qu’un homme du monde comme eux, il inaugurera cette fameuse méthode, qui, selon Taine, Bourget, tant d’autres, est sa gloire et qui consiste à interroger avidement pour comprendre un poète, un écrivain, ceux qui l’ont connu, qui le fréquentaient, qui pourront nous dire comment il se comportait sur l’article femmes, etc., c’est-à-dire précisément sur tous les points où le moi véritable du poète n’est pas en jeu. — Contre Sainte-Beuve, Chapitre 8. Marcel Proust. (c’est moi qui souligne…)

Dans Adieu au langage, je vois qu’il sait toujours s’y prendre pour déshabiller les actrices, malgré ce commentaire féministe : "à chaque fois que je vous parle d’égalité, vous me parlez de caca". L’égalité existe fantasmée hors de la société, à l’état de Nature, mais nous vivons hors de la Nature, en société, et il n’y a pas d’égalité : il est assis sur le trône, habillé, elle attend, nue.

Est-ce la 3D qui le rend jeune comme il prétend lui-même ? Un peu c’est sûr, mais il aurait pu aller plus loin, un peu plus loin, dans son idée, trouver d’autres décalages, superpositions. Attendons le prochain.

Film socialisme, les 30 dernières secondes.

*

Se poser la question du collage de citations, de photos, pour MF en cours, de l’écriture (de la) politique, cf. La crise, la nécessité du constat, mais la frontière avec l’écriture à thèse, l’évidente indignation qui frôle le ridicule, syndrome de la-guerre-c’est-mal, est si mince.

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