…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Frozen

mise en ligne : vendredi 18 juillet 2014

28 juin 2014

La conspiration de la bourgeoisie existe, n’a jamais cessé d’exister.

Et en face, on fait quoi ? La classe ouvrière conspire-t-elle (encore) à faire sauter la première ?

*

Vu Frozen, La Reine des Neiges, de Chris Buck, Jennifer Lee et Shane Morris, d’après Andersen, un conte de princesses dans lequel "on ne se marie pas avec le premier venu", dans lequel la Reine ne veut pas être Reine, part vivre seule "libérée, délivrée", et cette liberté a un prix : l’isolement et l’hiver permanent. Des femmes parlent entre elles, et pas forcément du prince charmant [1]

J’ai d’abord eu le réflexe de me moquer de la chanson titre [2], parce que c’est Disney, que la signature sonore est toujours aussi insupportable, malgré une qualité de chant à deux voix auxquelles nous sommes peu habitués, et sans doute beaucoup de qualités musicologiques ; mais je me rends compte que je ne peux pas, car ce serait moquer quelque chose de très positif, lié à l’émancipation des femmes. Se moquer de Peter Pan par exemple, n’a rien à voir car on se moque aussi de quelque chose d’arriéré sur le plan du monde décrit et de l’égalité des sexes, certaines scènes aujourd’hui ridicules de sexisme.

Un coup de génie de réalisation, quand Elsa entend dire que sa sœur est morte, tout se fige, l’hiver s’arrête, mais il ne s’arrête pas de neiger avec la neige qui tombe et puis plus rien, non, la neige arrête sa chute sans la terminer, les flocons restent en suspension dans l’air, sans force pour tomber, ni monter, ni fondre, ni rien : image arrêtée. Les personnages qui entendent la nouvelle se figent également, impression que la bobine du film (numérique) est figée (on pense bug, même), et puis bougent tout doucement, la neige et le décor restent immobile. Il fallait oser.

Très bien, mais de là à gagner l’Oscar du meilleur film d’animation devant Ernest et Célestine et Le vent se lève… (et je n’ai pas vu Mr Hublot [3]…)

Enfin, tout est bien qui finit bien, le film suit à la lettre le plan à tout faire en douze chapitres pour le cinéma d’animation US, et le regroupement familial est final et heureux.

*

Sur la photo, une Autolib s’est arrêtée à une station essence.

[1] Mais un peu aussi, donc un cran en-dessous de la nouvelle série des Clochette et, bien sûr, des Miyazaki.

[2] qui a reçu un Golden Globe et un Oscar

[3] Oscar 2014 du meilleur court métrage d’animation.

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