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Ebola-réalité

mise en ligne : dimanche 10 août 2014

7 août 2014

Je vois un Fort Boyard, redifusion d’une émission récente, avec des stars, dont un "chanteur et top-model" et une "membre du CSA". Je regarde. Mon ennui devant ce type de programme est éternel. Agacement aussi. Tout ce temps d’antenne, pour quoi ? Et puis il faut bien laisser passer. Ça passe, ça diffuse, se diffuse, et puis ce sera les pubs.

J’essaie de comprendre ce que je vois, cette émission de stars, probablement pour une charité dont je n’ai pas eu l’explication ayant pris l’émission en route, d’épreuves, de règles arbitraires pour des jeux enfermés qui donnent une clé qui permettra de résoudre une énigme.

Les épreuves sont présentées comme étant historiques, un bandeau en explique l’origine, avec la date, ou une anecdote à son propos, avant que la star invitée ne s’y jette.

À un moment l’émission dévoie son projet initial de solidarité et d’esprit d’équipe, de coopération et de victoire partagée, d’encouragements réciproques criés, quand le top-model, à qui l’animateur vient d’expliquer ce qu’il doit faire et éviter, le but et les pièges de la salle où il doit récupérer une clé, agit d’une manière qui montre qu’il n’a rien écouté, ou rien compris. Sans entrer dans le détail, disons qu’il ne fallait pas tomber dans la fosse à ketchup et il y va d’un pas décidé, volontairement deux ou trois fois avant de comprendre qu’il s’est trompé. Les partenaires et l’animateur rient, il ressort trempé, rouge de ketchup et de honte, il ne sourit même pas et en cherchant à ne pas trop montrer son désarroi, il "fait quelque chose de drôle" : il asperge de ketchup la "membre du CSA" permanentée et bouche-pincée qu’une autre épreuve a également quasi-ridiculisée, il était impossible de faire autrement.

Je repense à la télé-réalité, dont le projet me semble être de ridiculiser ses participants, de provoquer une réaction de moquerie, voire de mépris, chez le public. J’avais écrit quelque chose comme ça dans Sans, je ne sais plus quoi, mais j’ai de sombres pensées quant à la démocratie en voyant ce type de spectacle de masse.

*

Plus tard, zappant, je découvre Steve McQueen dans Papillon [1], où l’on voit le Honduras, décors naturels – qui ne sont pas en réalité au Honduras – tandis qu’il court, s’échappe, fuit, se libère. La caméra s’attarde sur un plan d’eau, des montagnes, une forêt, une ruine dans la jungle.

Au cinéma, en 2014, on a vu tous les paysages, tous les pays, y compris les uns pour les autres, on a même vu des paysages terrestres figurants des planètes de fiction, et en pensant cela je comprends mieux le besoin de films comme Avatar, où le paysage, si ce n’est le scénario, est une véritable nouvelle création.

Et si la fin de la civilisation occidentale venait par le virus ebola ? Il serait le révélateur de ce qui est déjà tombé de structures publiques de soin, d’égalité de traitement etc. Il terminerait le boulot commencé par son homologue la Finance. Fiction à écrire, je mets Stephen King sur le projet.

[1] Même titre en VO, 1973, de Franklin J. Schaffner, d’après l’autobiographie du français Henri Charrière.

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