…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Les mains vides

mise en ligne : mardi 19 août 2014

17 août 2014

À l’image de ce serveur lent, se déplaçant dans la salle, entre le bar et la cuisine, trop souvent sans rien porter, attisant l’irritation des clients et de ses collègues, on se déplace, sur le web, à cliquer, cliquer, tapoter, glisser, tapoter, trop souvent les mains vides.

*

La GoogleCar sans chauffeur sera l’ultime amélioration de celle ayant filmé, par exemple, Fukushima après la catastrophe, jusqu’à la limite de la zone d’exclusion, limite arbitraire n’ayant pas empêchée les radiations de pénétrer les corps des employés de Google.

À ce propos, je m’étais trompé de direction l’autre jour, mais peu importe, ce qui compte dans ma fiction filmée et mise en musique, c’est la zone, c’est le paysage, c’est la route non empruntée. J’ai filmé un cliché, celui du désert post-apocalyptique. En fait, comme autour de Tchernobyl, la végétation abonde, les radiations ne font pas disparaître les plantes, qui prolifèrent, de même que les animaux sauvages [1].

J’ai pu aller plus proche des réacteurs actuellement toujours en cours de refroidissement, et il est étonnant de voir qu’en réalité, la Google Car passe dans la zone d’exclusion, dont les routes paraissent un minimum entretenues.

Les bas-côtés laissent à désirer, mais la route n’est pas recouverte. Et, ici un miroir où voir la Google Car et ses employés :

Quand la surface de la Terre sera irradiée, inhabitable, quand la population se sera emmurée dans les dernières zones vivables, la Google Car sans chauffeur sera le seul moyen d’observer le monde, d’y aller sans être irradié. Elle enverra les photos au serveurs de Google, et on voyagera dans le monde comme ça, sur des routes entretenues par d’autres robots à l’intelligence artificielle développée par Google également sans doute. D’autres robots, comme ceux qui vont sur Mars, seront conçus pour aller en forêt, en montagne, dans les anciennes villes pour emprunter routes, rues, escaliers, pénétrer dans les appartements vides. Ces robots après la fin de l’irradiation, ayant eu le temps de comprendre et d’agir pour nous protéger, continueront à nous maintenir dans les zones d’inclusion pour éviter que nous recommencions à irradier la planète.

[1] "Des témoignages non-scientifiques ont également rapporté l’abondance de certaines populations animales dans la zone, ce qui suggère que l’absence d’activité humaine a conduit la région a devenir un refuge pour la faune." NY Times, mai 2014.

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