…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

AVERTISSEMENT :
Ce texte a été publié il y a longtemps, par conséquent, il commence à s'effacer. Les textes de plus de quatre ans sont presque illisibles. Prenez garde.
Voir la page vernis numérique pour en savoir plus sur cette patine numérique.

Candeur du capitalisme

mise en ligne : mardi 2 septembre 2014

28 août 2014

C’est presque trop évident comme la géopolitique est un jeu. C’est jouer aux échecs, à un jeu de société ou vidéo de gestion de ressources et de conquête de territoire, comme Ticket to ride, Command and conquer, Starcraft, Civilization ou, dans une autre mesure, Tetris, qui en est comme l’archétype (surface stockée pour mieux la perdre, surface perdue gagnée) ce sont des jeux qui droguent, rendent dépendants. Et plus le jeu est soigné, complexe, pour ne pas dire réaliste, plus il rend dépendant, plus la victoire est étonnante, jouissive. Alors, diriger un pays… Il faudrait des cellules de désintoxication des dirigeants politiques, des chefs d’entreprise, surtout les multinationales, un numéro non surtaxé que pourrait appeler Vladimir Poutine, le soir, après avoir envahi un pays ; ou Barack Obama, se réveillant en pleine nuit pour compulser les rapports d’investissements à l’étranger [1]

*

31 août 2014

Dans l’émission L’esprit public de Philippe Meyer, sur France Culture, Valery Giscard D’Estaing est invité à parler de "L’exercice et la conception du pouvoir présidentiel" ; est étonnante d’entre-soi, de servilité.

Quelques perles.

VGE (à propos des personnes qui l’interviewent) — Je suis heureux de retrouver ces personnalités dont un collègue de l’académie française et quelqu’un avec qui j’ai siégé jadis au parlement européen.

VGE — Vous voyez tous, n’est-ce pas, pourquoi Max Gallo est à l’académie française, parce qu’il cherche les mots un par un, il les cadre etc.

MG — les réformes ou adaptations, je ne choisis pas sur le vocabulaire, que vous avez menées dans votre très brillant septennat, je crois que l’Histoire le reconnaîtra, je crois que c’est une des rares périodes extrêmement créatrice de l’Histoire de France…

MG — C’est un septennat tout à fait extraordinaire par le nombre de réformes et la rapidité avec la elles sont mises en place, et qui devrait, normalement, entre guillemets, s’il y a quelque chose de normal en Histoire, et qui devrait susciter l’adhésion des Français. Après, je ne dirais pas qu’il y a conservatisme — vous n’êtes pas un conservateur, je dirais que vous êtes un révolutionnaire-libéral, c’est comme ça que je le verrais — mais quelque chose qui inquiète la population.

VGE — On est dans situation très étrange où les Français commencent à apercevoir l’idée qu’il faudrait mieux être gouvernés par des solutions plus modernes, et plus raisonnables.

VGE — et c’est Peyrefitte, académicien comme nous mon cher Gallo (rires)…

VGE se vante d’avoir installé des téléphones, mais l’époque était propice, tout le monde s’y est mis, comme en témoigne ce graphique, issu de données publiques [2] :

Cela laisser penser que cette pose de lignes téléphoniques devait être faite, indépendamment du pouvoir. Pour quelque chose comme le téléphone on se dit que c’est normal, c’est une bonne chose etc., mais c’est pour toute chose pareil, il me semble, ici par exemple : Depuis 1982, c’est une bonne chose de réduire le nombre de lits d’hôpitaux.

*

Cela me rappellent une autre émission, j’avais voulu écrire dessus mais ces sujets politiques sont toujours trop vastes et trop mous, on y parle pas de cas concrets, les statistiques écrasent les souffrances particulières, on ne part pas d’un fait clair et délimité, localisé, conséquence des politiques dont on parle généralement, on ne part jamais de la réduction du nombre de lits de tel service hospitalier, de la difficulté de recruter dans les métiers ouvriers et infirmiers de l’hôpital, du départ d’une production, du nombre d’heures effectuées par le personnel de l’hôtel de telle ville, etc. Ce sont des chiffres, des lois, des principes, et des directives européennes.

Dans cette émission Du grain à moudre on parle d’un possible exercice de l’État par les ingénieurs, puisque ces scientifiques savent ce qu’ils font grâce à des outils, à des méthodes, et force et de constater que les ponts ne s’écroulent pas, que des véhicules roulent sur Mars, ils sont objectifs comme des robots analyseurs de statistiques, et pour eux tout problème a une solution, qu’il suffit de mettre en œuvre.

En présupposé de cette discussion, qu’avons-nous d’autre ? Que les ingénieurs sont peu représentés au parlement, ce qui est normal vu leur faible représentation dans la société (4%). Une invitée évoque les ouvriers, elle prononce difficilement ce mot : "ouvriers, enfin..., techniciens" ; et on passe vite sur leur représentation d’autant plus scandaleusement faible au parlement qu’ils sont nombreux dans la société, mais on ne dira aucun chiffre, à se demander s’il y a encore des ouvriers en France, en Europe, dans le Monde, s’il faut le dire, on ne parle ni des ouvriers qui travaillent ni de ceux licenciés, tous ces "plans sociaux", plus de 1000 en 2013. Autre présupposé, qu’il y a des problèmes à résoudre, et que les politiques exerçants n’obtiennent aucun résultat. Mais on ne saura rien de ces problèmes, ni du fait que les échecs supposés sont peut-être les résultats escomptés : le CAC 40 va bien, après tout, les riches sont riches, l’État a pour son fonctionnement de moins en moins d’argent, la concurrence est de plus en plus libre, traverse les frontières des États-nations, etc. Autant d’objectifs clairement définis par le FMI.


Managing Sovereign Debt and Debt Markets through a Crisis - Practical Insights and Policy Lessons — Source : International Monetary Fund.

Entendu aussi, que les ingénieurs ne savent pas gérer avec de l’humain, c’est le rôle du management, cela s’apprend, il y a des écoles pour ça. On passe, dans cette conversation, de l’ingénierie au management. On passerait tout aussi bien ensuite du management au politique. Et ce qui n’a pas été dit, c’est que ceux qui nous gouvernent sont des ingénieurs politiques. Le film de Philippe Schoeller, L’Exercice de l’État, le montre bien : des ingénieurs dans un domaine qui échappe aux vivants, ces vivants à qui il arrive de mourir, toujours sur la route, mais ils n’étaient pas sur la bonne route, le chemin à suivre est celui tracé par ces ingénieurs politiques et leurs recettes, qu’ici on dit "européennes", ou de "bon sens", voire de "progrès", mais on dit aussi "d’innovation", il y a une voie et une seule.

Il ne s’agit pas de politique, la Cité n’y a rien à voir. Dans L’Exercice de l’État, les partis sont des petites entreprises en concurrence, les carrières sont écrites. Dans la même entreprise des carrières sont en concurrence, il y a des relations entre collègues soumises aux CV qui s’écrivent. Il s’agit de se placer. Il y a plusieurs clients, l’État est un client, l’Union Européenne un autre, le secteur privé un autre encore. C’est un jeu, il y a des règles. La politique, la gestion de la Cité, fait partie du boulot, un truc par lequel il faut bien passer, mais l’essentiel n’est pas là. Un ministre ou secrétaire d’état, est toujours sur le départ, il vise le poste suivant, autre ministère, députation ou entreprise, il ne regarde ce qu’il fait qu’à cette seule visée.

Il nous resterait bien les députés, parfois je ne comprends pas pourquoi ça ne marche pas, ce système ; impossible d’avoir une analyse complète, une vision d’ensemble, toute réflexion est aussitôt annulée par un mécanisme laissé de côté qu’il faut bien considérer. Peut-être voir ça sous forme de système planétaire, les astres les plus lourds emportent dans leur sillage les plus légers, qu’ils le veuillent ou non. Donc on aura beau réformer un satellite, sa planète l’emportera toujours ; une planète suivra toujours le soleil de la cinquième république qui emporte tout vers un trou noir pas si lointain.

L’État est devenu un organisme dissocié du peuple, un appareil qui vit à côté, ou plus précisément dessus, pas tout à fait comme un parasite, pas toujours, disons pas pour tout, car certaines fonctions sont encore en service (public), mais les dégâts sont considérables (TCE, Pacte européen de stabilité, pacte de responsabilité, réformes par ci, réforme par là…).

Cette tendance journalistique à embrigader tout le monde dans une opinion, dans une vision du monde ou un sentiment, tout cela avec une candeur et une bonne conscience inaltérables — Jourde

*

La sonde a utilisé l’assistance gravitationnelle de la planète Jupiter pour accroître sa vitesse et ainsi sortir plus rapidement du Système solaire. La sonde se dirige dans la direction opposée au déplacement du Soleil dans la galaxie et entame ainsi un périple qui doit la conduire aux alentours de l’étoile Aldébaran dans 2 millions d’années. — Source : Wikipédia

Qui sera encore là pour recevoir les photographies ?

Vous pouvez soutenir mon écriture en achetant un livre, en commandant une Nuit écrite à la main pour vous, en devenant abonné.e à partir de 1 €/mois via Tipee, vous pouvez aussi