…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Toute une journée pas du tout ratée.

mise en ligne : jeudi 23 octobre 2014

24 juillet 2014

Quartier calme comme l’été à Paris, ciel bleu, chaleur agréable.

Hier, j’ai vu Pierre Autin-Grenier. Une véritable apparition, c’est le cas de le dire, je ne m’attendais pas à le voir , dans ce studio art-déco, classé, situé au-dessus de l’atelier des sculpteurs Jan et Joël Martel : le studio réalisé par l’architecte Mallet-Steven, privé et occupé, mais ouvert au public pendant l’été entre 10 h et 16 h.

Et il était là, Pierre Autin-Grenier, que je n’ai jamais croisé que sur Facebook, il était bien là, pourtant bien refroidi depuis trois bons mois, il m’est apparu sévère et calme sur fond rouge et acrylique, avec du gris, du noir, son écharpe rouge aussi, les orbites noires, sans regard, mais il regardait quand même, il regardait qui était là, qui venait le visiter, et dans son regard j’ai compris qu’au fond il s’en fichait de qui pouvait bien passer dans ce studio.

Le plus étrange était son silence. Pas un commentaire sur la déco d’art d’ici, sur les habitants du studio, qui devaient donc le quitter, l’été, entre 10 h et 16 h pour le bien des visites, pas un mot sur le ciel chaud et la terrasse arborée, sur l’insupportable quartier ghetto riche en même temps très agréable, vaste et estival douze mois sur douze à n’en pas douter, rien sur les bruits entendus chez les voisins, les cris isolés et les révolutions mal fomentées ; pas un mot sur les touristes, qui étonnés, qui avertis, défilant ici, encore peu pour cette date mais bien vite, en août, nous confia le guide, ce serait la cohue.

Le guide ne connaissait pas PAG, et après vérification dans les archives, ou quelque part je ne sais pas, il nous a confirmé que c’était lui. Je ne sais pas si PAG savait alors qu’il était lui-même. Est-ce que, après la mort, on sait encore qu’on est soi-même ? Est-ce que cela sert à quelque chose qu’un tiers nous le dise ?

Toujours est-il que je n’ai pas pu lui arracher un mot, ni un sourire, ni un verre de Côte du Rhône, rien, même que, faut le dire : je n’ai pas essayé.

(Le nom du peintre : Ronan Barrot.)

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