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#imagine, tu te réveilles transformé en…

mise en ligne : vendredi 5 décembre 2014

2 décembre 2014

#imagine, tu te réveilles transformé en…

En se réveillant un matin après des rêves agités, Gregor Samsa se retrouva, dans son lit, métamorphosé en Winnie l’ourson. Il était sur le ventre, un ventre aussi mou qu’un pot de miel tiède, et vide, un ventre qu’il vit, en se retournant, bombé, brun, recouvert par le tissu rouge d’une chemise trop courte, ses pieds comme enflés sortant de la couette où il était emmitouflé, prête à glisser tout à fait, ne tenait plus qu’à peine sur lui. Ses bras, épais et lourds, peinèrent à l’extirper du lit, il roula et, une fois debout, il ne prêta pas attention au fait qu’il n’avait pas de pantalon. Il pensa simplement : "Tout va bien, j’ai faim, j’ai très envie de miel".

*

Ce pastiche, il n’y a aucune urgence à le poursuivre. On pourrait, au choix, continuer d’écrire le réveil ourson de Gregor Samsa quand il rencontre, sans s’offusquer plus que ça, sa famille transformée en Bourriquet, Tigrou, Porcinet, acceptant lui-même sa condition uniquement par goût du miel, de peur de la quitter en se prenant pour un homme et non pour un Winnie l’ourson ; voilà comment serait tourné ce pastiche ; pour une espèce de critique de la servitude volontaire à l’égard du confort de la consommation, quelque chose comme ça.

On pourrait aussi écrire d’autres débuts, des transformations en d’autres personnages un peu ridicule comme Winnie. Se réveiller en Pokemon, en sapin de Noël, en Jean-François Copé.

Comme souvent je me lance une idée à la figure, dans un début de texte, et m’arrête assez vite quand je pense avoir fait le tour, c’est à dire que parfois écrire l’idée écrase le texte possible, et suffit, pas besoin d’en faire plus. Le corollaire : tout texte que je parviens à terminer n’était pas prévu au départ ; il n’y avait d’ailleurs peut-être pas eu de "départ".

Mots-clés

écrire   contrainte (OuLiPo)  
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