…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Association capital-monstre-travail-fight-club-et-cie

mise en ligne : jeudi 5 février 2015

4 janvier 2015 

Monstre et Cie, de Pete Docter, est une parfaite métaphore du capitalisme qui devient cool, change le paradigme du capitalisme ancien en costume trois-pièces, affaire de famille transmise de génération en génération, où l’autorité et la peur règnent (c’est la peur, par les cris d’enfants, qui produit), en capitalisme nouveau, cool, bon esprit, affaire pour laquelle chacun est motivé, où la promotion de jeunes battants peut les mettre en couverture du Time, façon homme de l’année, grâce à un système bonbon qui fait rire les enfants, ne fait plus peur, les monstres sont devenus gentils, ce qui compte c’est de produire (le rire produit désormais leur électricité), d’ailleurs ça produit plus et mieux, parce que rendre l’exploité heureux, au lieu de le terroriser, est rentable. 

Vu Gone girl, de David Fincher, dans l’espoir, croyant la critique unanime (ou presque, les adversaires étant incompréhensibles, imprécis), de voir un film surprenant qui vous renverse deux ou trois fois, dans la lignée d’un Hitchcock ou d’un Mankiewicz, que Fincher, comment ai-je pu le croire ?, ne deviendra jamais. Las, il y a bien deux rebondissements, le premier que l’on attend dès le début en fait, les sous-titres sont épais ("Mastermind", "jeu de piste"…) et ce qui devait arriver… Le second grandiloquent, si invraisemblable et finalement peu surprenant puisque dans la logique de ce qui précède, une exagération plutôt qu’un retournement, dans l’effet pur [1], et si vite oublié dans la cohérence du scénario : pas de contre-enquête, l’interrogatoire est irréaliste, les fameuses caméras de surveillance ne filmaient donc pas tout, etc. Seule la chute vaut la peine et, même si on peut l’attendre, retourne ; donc réussie. Imaginer plutôt le souvenir du film non réalisé que cela aurait pu être, un remake imaginaire parfait, car il y avait sans doute quelque chose à faire. Peut-être un peu du Malice de Harold Becker avec Alec Baldwin et Nicole Kidman, curieusement oublié, sous-estimé il me semble, dans le genre coup-de-théâtre et fausses pistes en tout cas.

Ce que je peux être naïf, toujours guidé par un espoir qu’il est possible pour chacun de s’améliorer, mais il semble que tout aille de mal en pis ; sauf rares exceptions, les premiers albums d’un groupe toujours meilleurs que les suites, les premiers films qui retiennent l’attention et puis une faillite d’idées, de formes, une production trop grande ; les livres sont-ils différents ? Il y a toujours un moment où l’auteur va se répéter, finalement réécrire toujours le même livre, je n’ai rien contre ça mais tout de même, qu’il sorte d’un de ses travers au moins, qu’il écrive là où je ne l’ai jamais lu ; j’ai peur pour moi bien sûr, d’un jour me rendre compte que je tourne en rond ; heureusement j’imagine que je ne m’en apercevrais pas, et mourrai heureux et inconscient.

[1] vague remake-hommage dans le geste et le cadrage, mais… bof

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