…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Ça tient à pas grand chose

mise en ligne : jeudi 16 avril 2015

11 avril 2015

Ça tient a pas grand chose, la société, la justice, comme de traverser au feu vert, ou de pas griller le rouge, on ne tue personne comme ça, on marche plutôt dans la rue en bonne entente, ça tient à pas grand chose le sens, l’humanité, la civilisation, de pas casser les vitrines que l’on regarde, de pas voler l’appareil photo du touriste, de pas prendre les fruits et légumes à l’étalage, ça tient à presque rien l’apprentissage, la culture, d’aller en classe, de se souvenir des langues anciennes, de savoir ce que voulait dire Newton quand tombe la pomme et Higgs avec son boson, tout ça et le dire, et le transmettre, ça tient à pas grand chose de fermer des classes de latin, de grec, de pas donner d’argent à la recherche, ça tient à pas grand chose de détruire des œuvres d’art, de dépecer son voisin, de faire sauter une centrale nucléaire, de polluer les océans, d’élever du porc aux antibiotiques, ça tient à pas grand chose de signer de pas signer, un contrat, un véto, un accord de guerre, un désaccord de paix, une loi, un décret, ça tient à pas grand chose de bombarder une ville et puis une autre, de modifier le sens du mot progrès, ça tient à pas grand chose les ondes gravitationnelles, le vide spatial, il suffit de rentrer dans une école armé d’une kalachnikov, d’achever les profs des matières non rentables ou interdites, et leurs élèves, ça tient à pas grand chose, l’humanité.

Je m’aperçus que les talibans n’avaient réussi qu’à donner une dimension mondiale à mon combat. Alors que j’étais allongée dans ce lit et que j’attendais de faire mes premiers pas dans un nouveau monde [1], Gordon Brown, l’envoyé spécial des Nations Unies pour l’Éducation et ancien Premier ministre de Grande-Bretagne, avait lancé une pétition sous le slogan « Moi, Malala » exigeant qu’aucun enfant ne soit plus déscolarisé en 2015.
—Malala Yousafzai, 2013, extrait de son livre.

Question de méthode.

[1] après l’attentat dont elle fut victime entre son école et son domicile, au Pakistan, MY se réveille à Birmingham, UK

Mots-clés

Malala Yousafzai   politique   liberté  
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