…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

AVERTISSEMENT :
Ce texte a été publié il y a longtemps, par conséquent, il commence à s'effacer. Les textes de plus de quatre ans sont presque illisibles. Prenez garde.
Voir la page vernis numérique pour en savoir plus sur cette patine numérique.

Vincent, Benoît. Farigoule Bastard.

mise en ligne : lundi 1er juin 2015

Page 20

Farigoule Bastard se rameute, après cet éparpillement. Les questions pressent autour de lui comme des bougies. Il s’en passerait. Le chemin serait praticable (en particulier sur le Devès) ? La mule serait constante dans son dodelinement ? Quelles seraient les haltes ? Trouverait-on l’eau en chemin ? Et les gués seraient accessibles ? Et croiserait-on Qui ? La pluie ? Le soleil accablant ? La chaleur ou la burle ? Il fallait laisser venir, cela, et laisser déborder, le reste, pour retrouver son semblant de surface, son devenir tranquille.

 

Page 50

Là se séparent séchement deux mondes : celui des humains devant, et celui de Farigoule Bastard. Celui vulgaire, bavard et plat, et la Baronnie. On est pas encore entré dans leur crau à eux, ce grand organe étique, épineux, on dirait crevé, cet étalé jusqu’au grand fleuve. On est encore dans nos marnes à nous. Dans le fossile du monde. La mer est là : pétrifiée. Les vagues se perpétuent de gris et de noir. On est encore aussi dans les buissons, les genêts les bugranes, les grandes herbes dorées les carlines les cardes, les pincelles qui éventent, les rochers gréseux qui dégringolent.

 

Page 98

Ce subit intérêt du notable en trois velours côtelés pour les froques de l’ami le révulse. S’il n’y avait ses petits trafics, non plus que le serpent qui dort dans sa bouche, il n’en penserait pas plus que d’un étourneau.

 

Page 102

Maintenant qu’il y prête attention, il se voit, voyant tout, scrutant jusqu’aux recoins et détails toute la perfection du monde, tout ce qui fait que tout ce bazar ça tient ensemble, et la montagne et le reste, il porte tout cela, il le porte lové dans son œil, comme une larve parasite d’un tentacule d’escargot, on a ça aussi chez nous.

 

Benoît Vincent. Farigoule Bastard. Le Nouvel Attila, 2015.

Mots-clés

Benoît Vincent  
Vous pouvez soutenir mon écriture en achetant un livre, en commandant une Nuit écrite à la main pour vous, en devenant abonné.e à partir de 1 €/mois via Tipee, vous pouvez aussi