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Kertèsz, Imre. Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas.

mise en ligne : lundi 8 juin 2015

Page 63

Et maintenant, alors que, dans ma nuit profonde mais tourmentée par des lumières, des voix et des douleurs qui me lancinent, je cherche une réponse aux grandes questions, tout en sachant parfaitement qu’à toute grande question suprême il n’existe qu’une seule grande réponse suprême : celle qui résout tout, car elle fait taire la question et le questionneur, et pour nous en fin de compte, c’est la seule solution qui soit, c’est le but ultime de nos aspirations, même si par ailleurs nous n’aspirons pas à cela, sinon nous n’aspirerions pas, quoique, en ce qui me concerne, je ne vois pas à quoi servirait de tourner autour du pot : pourtant, tandis que je ressasse ma vie — mon Dieu ! —, cette vie, et je me demande pourquoi, mis à part le fait que je dois travailler comme un maniaque, avec une application délirante, sans cesse, car c’est là que se trouvent les corrélations les plus sérieuses entre mon existence et mon travail, c’est tout à fait évident : pourtant, tandis que je ressasse ma vie, je suis vraisemblablement mû par un espoir secret de mon aspiration secrète, celui de connaître un jour cet espoir, et en attendant, je vais vraisemblablement écrire comme un maniaque, avec une application délirante, sans cesse, jusqu’à ce que je le connaisse, parce qu’après, à quoi bon écrire ?

 

Imre Kertèsz. Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas. Traduit du hongrois par Charles Zaremba, Natalia Zaremba-Huzsvai. Acte Sud. 1995.

Mots-clés

Imre Kertèsz  
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