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Benoît Farigoule Vincent Bastard

mise en ligne : vendredi 5 juin 2015

28 mai 2015

Je retrouve ça rarement dans un roman, cette exigence poétique, qui ne cède devant aucune facilité pour mener une phrase à un terme qui en devient, par ses détours rocailleux, unique, étonnante, haute étincelle ou à-pic. Difficile de placer une phrase de Farigoule Bastard dans un autre livre (d’ailleurs tout livre devrait être écrit avec cette contrainte, cette recherche du « plaisir syntaxique, et herméneutique, oui, parfois, comme ici, aussi) parce que sa langue est la langue de Farigoule Bastard, unique, "étrangère". Cela nous emporte dans l’histoire, née de la peau de ce personnage et du sol du pays, où poussent le thym et la blache, le cairn et les fissures, sous le soleil et dans la burle, avec "la râpe de la cigale" pour opéra ; le trajet impossible de quelqu’un qui n’est pas pour tout le monde qui il semble être

Je n’ai pas connu grand via de ce monde, et le plus souvent j’ai été concentré en moi-même.

Une pièce de théâtre qui présente ses personnages en "avertissement" : on fera bien attention car "de loin toutes les personnes se ressemblent".

où la grande bouche s’affaire, mastiquant des histoires sur du vide, des apparitions, des fées, des miracles ou des éléphants.

Et qui dira du réel, à la fin ?

Plus d’extraits, ici. Le livre est publié par Le Nouvel Attila ; lire l’excellente lecture de Claro et "l’écriture de la marche".

En écho les phrases entendues à la soirée de la librairie du Monte-en-l’air, quand Mathieu Brosseau a présenté son Data Transport, publié chez L’Ogre, à propos du réel impossible à rendre en tant que tel, qui n’existe pas puisqu’il est pour chacun différent, la seule façon de faire exister les choses étant de les nommer : la langue comme seul outil de création du réel, et "des stratégies" [1] différentes (poésie, roman ; le style...) qui permettent de rendre compte de manière plus ou moins satisfaisante, plus ou moins proche, du réel. Autrement dit : sans écriture, pas de réel.

[1] Bernard Desportes était dans le public

Mots-clés

identité   Benoît Vincent   lecture   écrire  
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