…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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nuit, 47

mise en ligne : jeudi 25 juin 2015

Il ne se passe rien même dans la rue, qu’il voit à travers les différents moniteurs de contrôle. Rien dans le hall, rien dans les couloirs non plus — d’autres moniteurs. Rien dans son bureau, rien dans sa tête. La radio diffuse un vieux jazz entraînant, voilà tout ce qui se passe, et ça ne met pas en mouvement son corps car c’est 2 ou 3 h du matin et si le bâtiment est bien protégé, c’est au prix de son immobilité, c’est à dire qu’aucun événement ne vient nécessiter une ronde supplémentaire en plus des deux obligatoires, rien de plus que l’appel téléphonique de routine au central, pas besoin de plus que ça, pas de mouvements de son corps à lui, et rien pour la musique, pas de danse ici bien sûr. Pas de pause clope, il ne fume pas. Il s’agit d’attente, non, il ne s’agit pas d’attente, il s’agit du temps qui passe, jusqu’à la fin de la nuit, fin de la garde, peut-être l’attente de ça, et qui ne constitue pas vraiment un événement, pas vraiment une attente, c’est le temps qui s’arrête, il ne passe pas vraiment, quelque chose reste suspendu, le jour s’arrête, quelque chose advient (la nuit ?) et le jour reprend (fin de la garde). Il ne dort pas parce qu’il n’aime pas se réveiller en pleine nuit, pourtant la ronde de minuit et celle de 4 h lui laisseraient largement le temps, avec les détecteurs et les alarmes qui n’ont pas besoin de sommeil, mais il préfère veiller, de 22 h à 7 h, trois nuits par semaine, et c’est toujours le vide, les néons allumés et les écrans de contrôle, les néons de son bureau qui vibrent plus que les écrans qui semblent des photographies, voilà tout ce qui l’accompagne, tout ce qui peut réchauffer sa solitude.

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Mots-clés

nuit   travail   corps   temps  
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