…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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nuit, 50

mise en ligne : lundi 20 juillet 2015

Nous le savons pour les enfants, après minuit, pipette de Doliprane rose en main, ce que leur corps ne produit plus et provoque de douleur, et la surprise de retrouver ce phénomène chez nous, cette drogue naturelle qui n’existe que le jour et qui s’endort vers minuit, nous laissant encore plus seul qu’il n’était possible, avec la pure douleur physique renouvelée et augmentée par l’obscurité, l’idée de la mort, de vide, de plus rien, augmentée par les mots, mais amoindrie aussi par eux, par le langage, l’expérience d’autres douleurs, lointaines, passées, oubliées ; et nous voilà à imaginer la souffrance de l’enfant, du bébé, infinie, inconsolable, souffrance que nous avons oubliée, trop loin, trop forte, tandis qu’il hoquette de sanglots jusqu’à un sommeil qui sera plus troublé que le nôtre, sommeil lourd et adulte sachant le réveil à venir dès cinq ou six heures pour préparer un biberon, fredonner une chanson, à la clarté naissante du jour et de ses drogues.

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Mots-clés

corps   nuit   enfance  
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