…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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nuit, 54

mise en ligne : samedi 1er août 2015

L’esprit s’éteint, et avec lui les différents souvenirs du jour qui nous bercent, comme si le cerveau faisait inventaire, vérification et là, quelque chose se passe qui nous inquiète, c’est un visage dont nous ne pouvons distinguer les traits, le souvenir du visage est là, il passe là, avec le nom et les sensations liées à ce qui nous rapprocha de lui ce jour, mais en même temps le visage lui-même, les traits qui le caractérisent sont abstraits de la mémoire, il n’est pas là et il est impossible par la concentration de parvenir à restituer précisément ses formes distinctives, comment sont les joues, la forme du nez, les proportions, jusqu’à la couleur des yeux ; il ne reste que l’idée de cette personne, de son visage, et l’angoisse de l’oublier nous saisit : si nous la croisions à nouveau et par hasard lors d’une occasion nous ne pourrons pas la reconnaître ? Et que dire lorsqu’il s’agit du visage aimé, que nous savons ne pouvoir oublier mais dont les traits sont, au moment de vouloir se souvenir, inaccessibles, c’est comme perdre le langage à ce moment là, pourtant il semble que tous les visages sont un peu comme ça, en nous, mémorisés sans traits distinctifs, sans rien de physique, c’est la personne et non son portrait photographique que l’on transporte avec soi.

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Mots-clés

visage   Marcel Proust   nuit  
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