…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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nuit, 58

mise en ligne : dimanche 23 août 2015

Nuit de fenêtres ouvertes
de bruits lointains et étouffés par la chaleur
des assiettes qui s’entrechoquent, quelqu’un appelle quelqu’un, un moteur part
pas de vent
presque rien
tout est arrêté
sauf les étoiles qui tournent
le courant qui circule
la ville qui fonctionne
quelques doigts sur un clavier
la silhouette sur le trottoir là-bas, seuls bruits de pas à entendre, dans sa démarche quelque chose d’un vieux film, pressé, guindé
ailleurs l’eau sort chaude avec un goût de tuyau
et quelqu’un s’en plaint
par une autre fenêtre dans la cour
quelqu’un d’autre parle sans savoir, il sait ne pas savoir, mais ne peut s’empêcher de parler, parce que ses auditeurs ne lui demandent pas de savoir mais de parler, il est tard, il est le seul à disposer encore de cette énergie, de lancer des hypothèses, de faire semblant d’en vérifier quelques unes, c’est un jeu qui l’amuse, gagnant à tous les coups, toujours raison, sans effort, cela en demande à l’auditoire captif, qui écoute et essaye de comprendre, de suivre chaque idée mais c’est épuisant parce que tout n’a de sens que dans l’esprit de celui parle, et cela avant qu’il ne prononce les paroles, un sens interne, arbitraire et sans lien avec le sujet finalement prononcé, parole flottante et association d’idées qui font jaillir dehors des fragments de pensées en désordre et sans lien visible avec ce qui, si on pouvait y avoir accès, faisait ce sens bancal à l’intérieur, et c’est de retrouver un sens, n’importe lequel, de lire ce qu’il dit, qui est épuisant et vain et aboutit pour chacun à un résultat différent, et le moindre partage de compréhension entre les auditeurs aggraverait encore la situation, ils se taisent

malgré la chaleur
et la joie que ce serait
aucun grillon

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Mots-clés

nuit   fenêtre   ville  
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