…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

AVERTISSEMENT :
Ce texte a été publié il y a longtemps, par conséquent, il commence à s'effacer. Les textes de plus de quatre ans sont presque illisibles. Prenez garde.
Voir la page vernis numérique pour en savoir plus sur cette patine numérique.

Écroder

mise en ligne : mardi 22 septembre 2015

4 juin 2015

Le temps et l’argent — plus j’écris plus j’ai besoin d’écrire, plus il me faut relire et réécrire, et plus de nouveaux textes viennent, et plus tel ou tel texte prend de l’importance ; mais bien sûr l’activité gagne-pain n’est pas écrire, c’est coder, intégrer des sites avec HTML et CSS, et Spip, et je n’en peux plus car j’ai beau créer des chartes uniques, avec des fonctions particulières, tout finit par se répéter plus que moins. Il faudrait aller plus loin dans la création de sites uniques, bannir la base de données, l’automatisme, former les auteurs et artistes au code, qu’ils créent eux-mêmes leurs propres univers directement sur le web plutôt que de les filtrer pour qu’ils soient restitués trop loin de ce qu’ils sont. Faisant cela, pourrais-je écrire plus ? — question, questions [1] à ne pas poser trop fort.

[1] insérer ici tout un paragraphe impubliable sur coder, travailler, la force d’un mail de pouvoir te donner la migraine, une nuit et une journée de migraine, un mail comme ceux dont c’était la force il y a longtemps, quand quelque chose d’une attente trop pleine d’un pouvoir, descendait et t’écrasait, dans le dos, ostéopathe obligatoire etc., quand les collègues à côté se coulaient vivement hors de ça pour tenir, parce qu’on ne dirige pas un hôpital, alors ça va aller ; ou s’opposaient avec force, négociaient pour gagner quelque chose ; et toi tu t’es coulé hors de ça, espérant que ce n’est pas couler, mais plus loin encore, tu as trouvé une voie nouvelle, indépendante et fragile, et retrouver cette sensation aujourd’hui c’est sans doute le signe de la fin d’une époque, celle de coder librement pour les uns, les autres, comme quand, pour un manuscrit, vient le temps d’arrêter les ratures, c’est aussi parce que plus assez de contrats, mais aussi parce que plus envie de refaire un site, et un autre site et parce que ceux-là deviennent de plus en plus complexes, avec plus d’intervenants, du graphisme à l’éditorial en passant par les institutions, tout cela te dépasse et de plus en plus. C’est le problème de l’écrivain sans doute, d’être seul en création, de rechercher la solitude dans certains de ces moments, sans s’empêcher des collectifs, et la publication qui n’est plus solitude. Mais ce point récent d’arrivée : arrêter et avancer comme pour terminer un manuscrit ; même si le manuscrit ne se termine jamais, il passe, se transforme, un autre texte vient toujours et si cela pouvait être, donc ici nous parlons argent, puisqu’écrire ne peut rapporter, alors on parle de L’aiR Nu, si cela pouvait « fonctionner », pour dire « rapporter de quoi vivre », ne faire plus que ça, et si tu pouvais, de cette résidence à huit mains à l’automne, trouver encore un peu plus d’argent par ce système de dons, décrié mais indispensable ; tu y penses, tu y vas, parce que la résidence ne suffira ni au pain, ni à la création, et il faut créer, et aussi, continuer les sites, coder pour écrire, coder sans écrire, répondre, être à l’écoute, faire, défaire, pas moyen autrement, et surtout ne pas le dire ici, que ça soit mal interprété, que plus personne ne demande de réaliser de site etc., que publier, que ne pas dire, et/

Mots-clés

paradoxe   écrire   travail  
Vous pouvez soutenir mon écriture en achetant un livre, en commandant une Nuit écrite à la main pour vous, en devenant abonné.e à partir de 1 €/mois via Tipee, vous pouvez aussi