…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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nuit, 66

mise en ligne : lundi 28 septembre 2015

Les moments d’attente, de longue attente, d’heures, toute une nuit d’attente, ces moments vides où le décor a le temps de marquer la mémoire, ou si ce n’est le décor exactement, la scène, même si elle est vide, puisqu’il n’y a que l’attente, et nous oublierons de quoi c’était l’attente car l’attente si longue prend plus d’importance que l’événement attendu, l’attente deviendra le lieu, cet escalier d’un grand monument où nous avons regardé dans le vague depuis les plus hautes marches, l’arrière d’une voiture pendant qu’un adulte termine les courses, le box des urgences rythmé par la venue épisodique d’infirmiers, du médecin, et puis telle gare sur le banc bondé, tel aéroport presque désert et le jour, lent, qui se lève, et toutes ces sensations si particulières, gravées par la simple et vide attente qui imprime lentement ces moments en nous qui sont oubliés dans le court terme mais qui demeurent à notre insu. Et sans doute qu’avec l’âge, les attentes doivent être plus longues, qu’une heure pour l’enfant correspond à trois ou quatre heures pour l’adulte et combien pour le vieillard, raison pour laquelle, peut-être on les voit plus lents, souvent immobiles, longtemps, à attendre, non la mort comme le voudrait le cliché romantique, mais la mémoire, pour emporter, à la fin, le plus possible, d’images, de joies, ces bonheurs qui consistent à se souvenir d’un lieu paisible où il ne s’est rien passé, mais qui était un moment agréable, sans rien de douloureux, de pénible à vivre, un moment sans effort pour vivre, simplement agréable, un moment pour lui-même qui nous fait la surprise, des années plus tard, de revenir sans raison de plus qu’il n’avait alors d’être conservé.

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Mots-clés

temps   nuit  
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