…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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nuit, 67

mise en ligne : mardi 29 septembre 2015

Le film s’éteint, il reste en nous pendant plusieurs minutes presqu’entier, c’est à dire complètement en nous, et nous en lui, pendant des minutes, et puis il n’est vite plus entier, il reste de courts fragments, comme un montage résumé, de quelques minutes, que nous pouvons raconter et cela prendra toujours moins de temps à dire, c’est peu au regard des deux heures, par exemple, qu’il a duré, des deux mois de sa fiction, des sept mois de son tournage, des deux ans d’écriture, c’est court face à toutes les années que les personnages ont évoqué, qu’ils portaient sur leur visage à l’écran, celles que nous devinons portées par l’auteur. Ensuite, il restera encore moins que ces quelques minutes du film, quelques secondes qui resteront plus longtemps, pendant des mois, des années, quelques secondes qui seront plutôt une poignée de sentiments, le souvenir de ces secondes, même, un résumé émotionnel du film, de ces vies. Et, parce que ce sont des personnages de fiction, d’un film, d’un livre, nous ne remettons pas cela en question, nous ne effrayons pas outre mesure de cette disparition, pour éviter de nous dire que pour des êtres de chair il en va de même, que, d’une vie, de notre vie, il ne restera pas beaucoup plus, dans tel ou tel esprit, qui finira par disparaître à son tour — un jour plus rien.

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Mots-clés

nuit   cinéma   fiction  
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