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L’Égalité ou quoi ?

mise en ligne : vendredi 18 décembre 2015

30 novembre 2015

Une affiche "contre les racismes et le fascisme" proclame :
L’égalité ou rien.

Le Prince pourrait répondre :
Alors : rien.

Tout le monde répond :
Oui, d’accord : rien.

Manifs d’épée dans l’eau.
Goutte de raison dans l’océan de bêtise.
La pensée s’envole, le futile reste.

Et rien ne se passerait, ça tiendrait encore un peu comme ça, sans égalité. Ça tient, d’ailleurs.
Non, pas exactement : ça ne tient pas, c’est bien ça le problème en fait :
ça ne tient pas, mais rien ne se passe.

La devise de la République française, en 1793 était :
Liberté, égalité, fraternité, République une et indivisible ou la mort.

Un ami m’a raconté qu’un fronton de mairie, quelque part en Champagne-Ardennes, portait encore cette devise, tandis qu’on votait pour les Régionales, les Européennes, qui divisent tranquillement, officiellement, la République, et l’Europe, en petits morceaux.

"Ou la mort".
Voilà qui est plus clair, précis, intransigeant.
Comment comprendre ces trois mots ? Façon de dire qu’on pourra tuer les ennemis de la République ? Ou façon de dire qu’on défendra la République jusqu’à la mort ?

Préférons : la liberté (l’égalité, la fraternité), ou la mort. Préférons cela à la mort.

Pour l’instant on vit, on ne se bat pas beaucoup et il reste encore un sentiment que "ça va", "ça va encore". "Jusqu’ici tout va bien", même si "ça ne va pas", que "ça ne tient plus" depuis trop longtemps. Mais quelque chose résiste, mystérieusement, magiquement, dirait-on.

Dans Mathias et la Révolution, de Leslie Kaplan :
La question n’est pas pourquoi des émeutes, mais plutôt pourquoi pas d’émeutes. "No justice, no peace."

Avec de tels slogans, évidemment, rien.

Mots-clés

liberté   politique   mort   Révolution   Leslie Kaplan  
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