…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Un poème pour Village

mise en ligne : mercredi 3 février 2016

Les trottoirs herbeux débordant de fleurs
Têtes tremblantes des marguerites
Ventre violet des hortensias
Myosotis aux centaines d’yeux frémissant mouches bleu ciel
Fleurs des trèfles pointillés bousculées par les bourdons
Les bourdons lents et méthodiques
Contournent un mur de briques
Les briques rouges de la région
Que cuisaient les briqueteries
Dont les ruines se rencontrent
Encore quelquefois
Dans un bois, au bord d’un champ
Ou dans le souvenir de l’ancien épicier
Qui désormais au PMU déverse ses économies
Ou dans le jeu des enfants qui espionnent et font la guerre
Avec leurs sandales de plastique attaquées par les orties
Leurs cris nous indiquent le chemin pour retrouver
Après la pâture d’un voisin, la cheminée moitié écroulée
Couverte de lierre vert bouteille
Devenue l’habitat des écureuils, des loirs et des rampants
Une cheminée faite de briques apparentes qu’elle-même cuisait
Elle ne fume plus comme fument pour rien les pneus
Faite pour ce logis de fortune comme pour celui des humains
Ceux-là restent à prendre le café en journée
Au pied des murs rouges
Au lieu d’aller à l’usine parce qu’elle a fermé
Depuis longtemps le lierre la mange
C’est l’heure de l’apéro on joue à la manille
L’atout carreau précède la charcuterie
Qui précède un coucher qui précède un sommeil
Un sommeil de rêves d’herbes et de bourdons briquettant le ciel

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