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Clochette, la fée pirate et la radicalisation.

mise en ligne : dimanche 7 février 2016

7 février 2016

Zarina, gardienne de poussière de fée, est rejetée de la communauté des fées après avoir brisé un tabou : expérimenter et non plus simplement garder la poussière bleue. Elle découvre comment une seule fée peut maîtriser le pouvoir (appelé "talent") d’agir sur la lumière d’habitude exclusivement réservé aux fées des lumières, par exemple. Même chose avec les autres talents, elle découvre comment fabriquer de la poussière orange pour être fée des jardins, violette pour fée voltigeuse, etc.

Le jugement sans procès ni pensée, pris dans l’urgence par un vieux fée blanc et moustachu, est sans appel : elle a été trop loin dans la connaissance et l’abolition des inégalités, elle a fait trembler sur ses bases le vieux monde conservateur, elle ne pourra plus s’approcher de la poussière.

Zarina décide alors de se bannir elle-même, se radicalise et part pendant toute une année, au large, au contact des pirates.

Quand elle revient c’est pour endormir tout le stade à l’occasion du Festival des Quatre Saisons, véritable attentat dont elle profite pour voler la poussière bleue, le plus puissant produit dont le Pays des Fées dispose (le gardien en chef nous dit : "l’un des plus puissants fertilisants naturels, elle transforme un ruisseau de poussière d’or en torrent…"). Elle revient en pirate, "vous avez vu comme elle est coiffée" (Roselia, qui donne ensuite l’alerte car elle connaît cette fleur géante qui va droguer les autres), et repart offrir la recette de la poussière aux pirates.

Suivie par les six héroïnes, elle se défend d’avoir quitté ceux et celles qui ne sont plus sa famille, qu’elle peut poursuivre son idéal avec les pirates, et intervertit les pouvoirs de ses amies, les jetant dans la confusion : la bricoleuse devient fée des eaux, la fée des fleurs devient fée des animaux, etc. Notons que les robes changent avec les pouvoirs, d’ailleurs une fée qui ne comprend pas tout suite pense à autre chose et s’écrie : "elle a changé nos têtes !" ; ce qui aurait supposé un… tranchant préalable. Non, elles sont simplement devenues autres et c’est dans cette épreuve de décentrement identitaire qu’elles devront retrouver et rapatrier leur amie.

Mais celle-ci refusera d’abord, après que les fées l’aient retrouvé, au péril de leurs vies, Zarina les dénonce aussitôt et sans aucun état d’âme. Ce n’est qu’après que le capitaine des pirates l’aura trahie, et qu’elle comprendra comment il l’a manipulée, utilisant l’exclusion dont elle avait été victime, qu’elle les rejoindra. Capitaine des pirates qui n’est autre que James Hook, le Capitaine Crochet, et qui la promet à une noyade certaine une fois en possession de tous les secrets pour faire voler son bateau jusqu’à la deuxième étoile, hors du Pays Imaginaire, pour littéralement semer la terreur dans l’autre monde et le piller.

Zarina, sauvée des eaux in extremis ("vous m’avez épargnée"), et les six héroïnes habituelles de la série se confrontent alors à tout l’équipage de mercenaires, jusqu’à la défaite finale du capitaine que poursuit le tic-tac du crocodile qui vient d’avaler le réveil matin qui harcelait déjà le Capitaine, on le sait : ce temps qui court et qu’il souhaiterait arrêter pour maîtriser totalement le temps comme l’espace.

De retour au Pays des Fées, Zarina est pardonnée, sa discipline révolutionnaire d’alchimie de poussière de fée est reconnue, elle pourra exercer ses talents ; peut-être la fin du communautarisme et du conservatisme ?

Dans ce film (au symbolisme évidemment chrétien et américain : le pardon, sauvée de la noyade comme un baptême, la réunification de la famille selon le plan habituel…) tout n’est pas si définitif et à la fin le spectacle reprend, le Festival et le public attendent, on repart en musique, les fées retrouvent les talents qui avaient été mélangés, les identités retrouvent les corps et l’autorité reste aux mains des mêmes.

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