…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Sous le pont Miraçeau coule la benne

mise en ligne : jeudi 18 février 2016

Sous le pont Miraçeau coule la benne
Et nos ordures
Faut-il qu’il m’en infecte
La gale
venait toujours après la peste

Terne la nuit
pourrit l’heure
Les jours sentent je demeure

Les mains au cambouis
restons crasse à crasse
Tandis que dessous de nos bras trépassent
Des éternels cafards l’onguent si poisse

Terne la nuit
pourrit l’heure
Les jours sentent je demeure

L’humour s’en va comme
le pus d’un abcès
L’humour s’en va
Exsudant d’un fossé
Et cet érythème
qui reste cuisant

Terne la nuit
pourrit l’heure
Les jours sentent je demeure

Passent les boues et passent les cadavres
Ni corps passé
Ni les ordures
reviennent
Sous le pont Miraçeau coule la benne

Terne la nuit
pourrit l’heure
Les jours sentent je demeure

*

Pastiche inspiré par les conférences d’Antoine Compagnon au collège de France, sur Baudelaire et les chiffonniers littéraires (et peut-être aussi par les temps qui coulent…)

Images, source : Gallica, (1) et (2).

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