…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Avril, autres entrées

mise en ligne : mardi 17 mai 2016

16 avril 2016

Au café, deux femmes :
L’une — Eh, moi j’ai pu. Quelques trucs, pas grand chose.
L’autre hausse les épaules.

18 avril

Noter un rêve dans le carnet, un parmi dix, à décortiquer en séance, toujours ces sauts : du rêve au carnet et aux mots et le sens qui prend forme seulement alors une fois l’encre posée ; ensuite en disant sur le divan, verbalisant autrement, transformation encore ; et ce qu’elle va dire à partir de ça, encore un saut.

21 avril

Difficile d’employer ce mot qu’on aimerait tous employer ("tous", je me comprends), de Révolution, ça ne veut plus rien dire si l’on se réfère à 1917 — dont d’ailleurs personne ne parle, je n’arrive jamais à bien comprendre, on passe de 1789 à 1968 alors que franchement, 68… enfin, je ne comprends pas — ou alors si on le faisait qu’est-ce que ça voudrait dire ? Les invariables seraient-ils encore prononçables, c’était il y a 99 ans, en avril : aucune concession au "jusqu’auboutisme" révolutionnaire, fraternisation ; organisation de la prise de pouvoir dans ce temps de transition ; aucun soutien au gouvernement provisoire, démontrer le caractère entièrement mensonger de toutes ses promesses ; être en minorité implique d’expliquer patiemment, systématiquement, opiniâtrement ; remplacement de la police, de l’armée et du corps des fonctionnaire, armement du peuple ; confiscation des terres, nationalisations ; nationalisation des banques ; contrôle de la production sociale. Je ne sais pas comme on traduirait ça aujourd’hui, comment l’adapter, quels minimes changements et si ça voudrait dire quelque chose en ce moment, comme si nous étions depuis 1792 entre février et octobre 1917.

Pour l’écriture c’est un peu pareil, qu’est-ce qui transgresse aujourd’hui ? Comme si tout s’intégrait dans tout, se diluant, passait pour neuf ou avant-garde avant de s’oublier pour toujours. En fait, tellement de livres s’oublient après lecture malgré une impression au départ.

22 avril

Quels partis revendiquent ça, au fond ? Y croient-ils encore eux-mêmes ? Comment les utiliser ? C’est ça, il faudrait pouvoir les utiliser, les uns après les autres, en changer quand on veut, jusqu’à trouver le bon outil gouvernant, éviter les dérives passées, ne pas retomber dans les mêmes ornières etc. Et la question féministe, ou plutôt la question de la fin du patriarcat et de la virilité.

J’écris ça dans une fatigue qui ne s’éteint pas, l’esprit embrumé — je ne peux d’ailleurs l’écrire que par ce poncif brumeux — par la fatigue et la culpabilité : toujours pas été à Nuit Debout, il m’est de toute façon difficile de mettre en forme une idée politique digne d’être dite, pourtant toute cette agitation inédite provoque des pensées, des désirs, quelque chose se passe qui débouchera peut-être sur rien, on l’a vu ailleurs, en quoi est-ce différent ? Est-ce différent ? La fatigue domestique, les enfants, et puis quarante ans, on devrait avoir le droit de vote uniquement entre quinze et trente-neuf ans d’ailleurs. Je pourrais aller écouter, aller découvrir, mais non, je n’y arrive pas, je lis à distance, écoute, lis encore, au plus près c’est déjà ça et j’attends plus, que le mouvement soit +plus. Je pense mouvement de masse sans m’y inclure ? Un mouvement de masse est-il encore possible au XXIé siècle ? Il me semble pourtant que les fascistes s’en sortent toujours bien. Peut-être pas, les gens restent en général chez eux, c’est toujours sur les bords que ça se joue.

Les violences policières insupportables, l’injustice au grand jour, celle de cette loi travail, et celle de ce gouvernement particulier, et sans doute aussi celle de la démocratie parlementaire ; et les réponses, quelles réponses à la violence de l’Etat ? Est-il possible de rester pacifiquement dans un cadre pour espérer le renverser avec ses règles établies ? Eux n’hésitent pas à protéger l’édifice à coup de tonfas, de gaz, et de lois iniques. Quelle forme politique donner à une réponse à ça ?

J’écris dans un oloé bleu, à Gennevilliers, où dans une cage à oiseau face au bar se trouve un pigeon clair ou une colombe sale, qui roucoule et parfois chante un peu comme un canari ou un serin. Aujourd’hui la porte de sa cage est ouverte et elle vole librement dans le bar, sur de très faibles distances, roucouserinant en battant des ailes à la manière des oiseaux-mouches.

27 avril

Quelquefois c’est rien, il n’y a rien dedans qui sorte à écrire, à penser, dire, rien. Et puis cette espèce de bronchite qui ne passe pas aussi, et ce site à coder qui n’en finit pas, et des retards sur des engagements pris.

Pas de rêves cette nuit que j’ai pu noter.

En écoutant Cynthia Fleury dans Des mots de minuit 523 :
Verbalisation du sujet dans une séance analytique -> conversation et parole libre sur les réseaux sociaux : comme une psychanalyse globale à ciel ouvert.

28 avril

Rêve lumineux et léger, temps d’été. À l’écrire en détail rien de plus n’apparaît.

Rien, très peu, un peu, ça peut suffire parfois, un paragraphe, une phrase rien que ça, déjà, pour l’en-cours (nom de code HH) — dans un pub irlandais je commande, comme une folie, un excès, une extravagance que je m’autorise à prendre : un café allongé.

2 mai 2016

"La crise" nettoie les places publiques en mélangeant eau et gaz.

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