…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Instant roman

mise en ligne : mercredi 18 mai 2016

3 mai 2016

L’instant du début de Village, c’est quoi ? Il y a bien un instant, il contient tout ce que j’ai voulu traduire, ensuite, par l’écriture. Cet instant, un sentiment qui dure un instant pour moi, mais pour le transmettre, il faut écrire, parce que j’ai déjà le village entier (ou "un" village) dans la tête, le village réel mais aussi le village fictif, il est tout entier, d’un bloc dans cet instant du début et je sais qu’il me faut l’écrire. J’ai le village et toutes ses saisons, ses maisons, toutes ses possibilités, ses différentes années superposées dans le même décor, ses routes possibles et ses chemins à imaginer, ses impossibilités aussi, tout en un bloc-instant minuscule dans ma tête à ce moment-là — un jour en 2010 ou 2011 je ne sais plus — et le traduire c’est l’affaire de ce livre, dans lequel d’ailleurs il ne se passe rien, forcément, l’action est inutile puisqu’il s’agit d’un instant, comme d’un instant où l’on se tient quelque part et qui inscrit en nous un souvenir, il ne se passe rien à proprement parler, mais tout est pourtant là. Il me faut écrire les différents lieux, et différemment chaque lieu, passer des lieux connus de ce village d’enfance à des lieux écrits d’un village-fiction, c’est à dire dénaturer le réel, tirer sur l’instant comme de transformer un point en une ligne et une ligne en surface, comme un repère ponctuel sur une carte dont on se rapproche par un zoom qui fait apparaître des détails qu’on ne voyait pas avant. De tout ça, je n’en ai pas besoin puisque ce point est là, en moi et très clair et déjà détaillé, point et plan à la fois sans avoir besoin de zoom. Alors pourquoi l’écrire ? L’instant, par le temps ralenti devient époque, c’est le mouvement inverse du souvenir qui, d’époque, de ce présent écoulé qui formait un tout en relief, rétrécit jusqu’à devenir un plan, un point, un oubli.

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