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Trotsky, Léon. Histoire de La Révolution Russe - Octobre

mise en ligne : lundi 26 septembre 2016

Chapitre 43. Lenine appelle à l’insurrection.

25 octobre 1917

L’argument principal des démocrates, et, dans ce nombre, de ceux qui étaient le plus à gauche, contre la prise du pouvoir, tenait en ceci que les travailleurs se trouveraient incapables de manœuvrer l’appareil de l’Etat. Telles étaient, au fond, les appréhensions des éléments opportunistes à l’intérieur même du bolchevisme. " L’appareil de l’Etat ! " Tout petit bourgeois est éduqué dans la soumission devant ce principe mystique qui s’élève au-dessus des gens et des classes. Le philistin cultivé garde dans la peau le même frémissement qui avait possédé son père ou son grand-père, boutiquier ou paysan cossu, devant les toutes-puissantes institutions où se décident les questions de guerre et de paix, où l’on délivre des patentes commerciales, d’où tombent les coups de fléau des contributions, où l’on châtie, mais parfois, rarement, l’on gracie, où l’on légitime les mariages et les naissances, où la mort elle-même doit respectueusement prendre son tour à la file avant d’être reconnue. L’appareil de l’Etat ! Otant respectueusement son chapeau, se déchaussant même, c’est sur les pointes de ses chaussettes que, dans le sanctuaire de l’idole, pénètre le petit bourgeois - qu’il s’appelle Kérensky, Laval, MacDonald ou Hilferding - quand sa chance personnelle ou bien la force des circonstances font de lui un ministre. Il ne peut justifier cette prérogative autrement qu’en se soumettant humblement à " l’appareil de l’Etat ". Les intellectuels russes radicaux qui n’osaient pas, même en temps de révolution, adhérer au pouvoir autrement que derrière le dos des propriétaires nobles et des détenteurs du capital, considéraient avec effroi et indignation les bolcheviks : ces agitateurs de rues, ces démagogues pensent s’emparer de l’appareil de l’Etat !

Après que, dans la lutte contre Kornilov, les soviets, malgré la couardise et l’impuissance de la démocratie officielle, eurent sauvé la révolution, Lenine écrivait :

Que s’instruisent, d’après cet exemple, tous les hommes de peu de foi. Qu’ils aient honte ceux qui disent : " Nous n’avons point d’appareil pour remplacer l’ancien, celui qui inévitablement tend à la défense de la bourgeoisie. " Car cet appareil existe. Ce sont les soviets. Ne craignez point l’initiative et la spontanéité des masses, faites confiance aux organisations révolutionnaires des masses - et vous verrez se manifester dans tous les domaines de la vie de l’Etat, la même puissance, la même grandeur, l’invincibilité des ouvriers et des paysans qu’ils ont montrées dans leur union et leur élan contre le mouvement de Kornilov. [1]"

Histoire de la Révolution Russe. Tome II : Octobre. Essai, Points. Aussi sur Marxists.org, chapitre 43

[1] Pour en savoir plus sur la tentative de coup d’État par Kornilov, lire le chapitre 30 : Kerensky et Kornilov, et le chapitre 32 : Le complot de Kerensky.

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Léon Trotsky  
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