…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Pagano, Emmanuelle. Nouons-nous.

mise en ligne : vendredi 14 octobre 2016

page 46
Il était adossé au mur, son ombre se cassait au bord du trottoir, j’ai marché dedans.

page 151
Le monde s’est comme délavé. Je venais de mettre mes lentilles, je les ai retirées, je les ai remises. Rien à faire, tout est resté inaccessible, même en clignant des paupières. Les choses se dérobaient. Il me semblait que la réalité pleurait, ou bien c’était moi, mais quelque chose entre le monde et moi, une eau, un trouble, m’empêchait de voir clairement. J’ai pensé que mes lentilles étaient sales, je les ai nettoyées, puis remises à nouveau, et à nouveau la buée du monde. Et puis je l’ai entendu se lever, lui, lui que je connaissais depuis peu, et je me suis souvenue qu’il portait aussi des lentilles. J’avais mis sa vue, qui ne s’accordait pas à la mienne.

page 81
Sa respiration, même en pleine journée, même en pleine action, est celle d’un dormeur. Régulière et calme. J’aime cette paix.

Emmanuelle Pagano, Nouons-nous. P.O.L., 2013.

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Emmanuelle Pagano  
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