…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Équations football

mise en ligne : mardi 21 février 2017

mise à jour du 20 mars 2017 :

Très heureux d’annoncer ici [1] que samedi 18 février est sorti Équations football, chez D-Fiction, entre mathématiques, football et politique, avec une chouette préface de Benoît Vincent, qui dit entre autre ceci :

C’est ainsi qu’à rebours, depuis le moment présent jusqu’au monde des chiffres inaltérables, l’ensemble des trois textes interroge notre faculté et notre manière d’appréhender le jeu : destin et hasard, règlements et fautes, évènements possibles et score final, Joachim Séné explore ce qui remue derrière un assemblage banal de surfaces et de profondeurs.

Je veux dire : qu’y a-t-il derrière la ligne du texte ? L’auteur demande : Et je me demande pourquoi je regarde ça. Pourquoi jusqu’au bout. Dans sa langue âpre, sèche, sobre, qui est la sienne, il montre les impasses — comme des hors-jeux, la comédie — comme le joueur tombe par terre, mais aussi, pourquoi pas, la dynamique, puisque c’est de cela qu’il s’agit non ? Une partie, un championnat, la vie ? La vie la famille, la vie la ville, la vie le pays : on ne peut pas tellement en sortir.

En vérité, du stade, on ne peut pas tellement en sortir.

Chacun des trois textes qui forment ce recueil a été écrit entre le coup d’envoi du match d’ouverture et le dernier coup de sifflet de la finale d’une compétition de football internationale. L’écriture de l’ensemble s’étale donc sur quatre ans, un mois et deux jours. « Équation football », entre le 8 juin et le 1er juillet 2012 : UEFA Euro 2012 Poland-Ukraine. « Équation Mondial », entre le 12 juin et le 12 juillet 2014 : FIFA World Cup Brasil. « Équation Euro », entre le 10 juin et le 10 juillet 2016 : UEFA Euro 2016 France.

Les textes ont été écrits pendant les matchs, devant l’écran de télévision et devant celui des réseaux sociaux. Il s’agit de la rencontre du football avec les mathématiques, la politique, et l’écriture. Des allers-retours entres des écrans servant de pelouse au texte : entre science et Histoire, entre score et guerre, “l’actualité” a aussi ses crampons et ses formations tactiques, mais pas de coup de sifflet final.

Le livre est à découvrir ici, présentation et lien d’achat direct via Immatériel .

Et merci à Caroline Hoctan, mon éditrice ; et aussi à son binôme d-fictionnel Jean-Noël Orengo, grâce à eux, le même jour, sortaient cinq autres livres : de Paul-Henri Sauvage, Annie Rioux, Al Faucet, Alain Boton et Nicolas Warc, à découvrir chez D-Fiction. Maquette et fabrication par Juan Clemente.

Bon printemps de lectures.

*

Le site d’Immatériel, 7Switch, propose un extrait de la préface, le début du fichier en somme, et on me demande beaucoup d’extraits du texte. En attendant une lecture à voix haute du début du premier texte, sur L’aiR Nu bientôt, voici un extrait du second, Équation Mondial.

Les maillots sur ces corps pressés sont des rectangles colorés s’agitant au bout d’autant de hampes. Bataillons sur la plaine. On a chanté les hymnes, il s’agit maintenant de vaincre, la bande-annonce est connue.

Chaque corps délimite son territoire, et tous ceux qui forment ensemble une couleur, délimitent un nouveau territoire. Au début, sous les notes des hymnes, les bras s’entrecroisent comme les mailles d’un tissu que le vent ne parvient pas à faire flotter. Les bataillons sont alignés, face caméra on se serre la main comme ailleurs on signe un accord diplomatique à l’abri des caméras. Ensuite, peut commencer le massacre.

Tous ces drapeaux : toutes ces frontières. Ce que transporte le football à travers le monde, ce sont des frontières, et le paradoxe porté par les Jeux Olympiques et la Coupe du monde n’en est pas un : il faudrait s’unir, faire la trêve, l’amitié entre les peuples, tout en hissant les drapeaux et en chantant les hymnes ? Aucun paradoxe, car ce qui est annoncé n’est pas ce qui est fait : c’est la promotion des frontières, tous unis pour se battre, les spectateurs ont payé leurs places.

Des lignes blanches, l’herbe pas plus verte ici que là, et les drapeaux courent dessus. Les frontières-hommes passent les lignes-frontières. Celle du milieu du terrain partage le monde en parts d’abord égales, comme pourrait le signaler une infographie à l’écran au début du match : occupation 50/50. Puis vient un combat, pendant lequel les frontières bougent mais ne disparaissent pas. Les couleurs s’opposent sur la pelouse neutre et subissante.

Les frontières d’un seul homme, sur son corps : chaussures-chaussettes, short-maillot, tatouages, cheveux où différentes coupes créent autant de territoires inédits. Le barbelé des crampons. Et en chacun, combien d’autres frontières ? Entre l’entraînement et la motivation, entre la nuit passée et celle à venir ? La vie entre-t-elle dans le stade ? Pour chacun, où s’arrête le match ?

Nicolas de Staël, Parc des Princes. 1952.

[1] un peu en retard en raison de problèmes informatiques, désolé pour la gêne indicible.

Mots-clés

politique   ebook   Benoît Vincent   voix   corps   paradoxe  
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