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Arendt, Hannah. Essai sur la révolution.

mise en ligne : dimanche 5 mars 2017

Les révolutions semblent toujours réussir avec une étonnante facilité dans leur phase initiale : la raison en est que les hommes qui les font se contentent de ramasser le pouvoir d’un régime en pleine décomposition. Les révolutions sont la conséquence, jamais la cause, de la chute du pouvoir politique.

Tout cela, cependant, ne nous autorise pas à conclure que les révolutions se produisent toujours là où le gouvernement est incapable d’avoir de l’autorité et d’inspirer le respect. Au contraire, la longévité curieuse, et parfois mystérieuse, même, de corps politiques surannés est un fait historique et fut en vérité un phénomène caractéristique de l’histoire politique de l’Occident antérieure à la Première Guerre mondiale. Même dans les pays où la perte de l’autorité est tout à fait évidente, une révolution ne peut éclater et réussir que s’il se trouve un nombre suffisant d’hommes qui s’attendent à voir s’effondrer cette autorité et qui en même temps acceptent de prendre le pouvoir, impatients de s’organiser et d’agir ensemble dans un dessein commun. Il n’est pas nécessaire que le nombre de ces hommes soit bien élevé ; dix hommes qui agissent ensemble, comme l’a dit Mirabeau, peuvent en faire trembler et en disperser cent mille.

Hannah Arendt. Essai sur la révolution. Gallimard, 1967.
Traduit de l’anglais par Michel Chrestien .

Mots-clés

Hannah Arendt   politique   Mirabeau  
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