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Taillandier, Fanny. Les États et empires du lotissement grand siècle.

mise en ligne : mardi 16 mai 2017

Ce n’est donc pas en tant qu’individu qu’on pourra tirer quelque chose du parpaing. Ne faudrait-il pas alors postuler que le parpaing se concevrait bien mieux comme la cellule primitive d’un grand corps qui le dépasse et le résume ? C’est Thomas Hobbes, dans son Traité de la forme, de la matière et du pouvoir, qui nous semble le plus apte à donner du sens au parpaing, en le voyant comme la particule essentielle d’un Léviathan pavillonnaire. À tout le moins, si on ne trouve rien à dire de la cellule, on parlera du Léviathan.

Reprenons donc son raisonnement. Les parpaings sont les sujets du Léviathan qu’ils ont choisi par contrat. Sans ce contrat, à l’état de nature, le parpaing est à lui-même une menace : un parpaing isolé peut toujours prétendre être plus fort qu’un autre parpaing isolé, mais pourtant il en est toujours menacé : c’est sa fameuse maxime : Perpetuus perpetui lupus, le parpaing est un loup pour le parpaing. Seule l’alliance en contrat social des parpaings, au sein d’une organisation complexe de type maison témoin reproductible rapidement sur n’importe quel terrain loti, permet la survie des parpaings, et leur épanouissement.

Ensemble, les parpaings sont un corps dont le pavillon est l’âme.

 

Fanny Taillandier. Les États et empires du lotissement grand siècle. Puf, 2016 [1].

[1] Éric Chevillard dans Le Monde des Livres.

Mots-clés

Fanny Taillandier   Thomas Hobbes  
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