…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

AVERTISSEMENT :
Ce texte a été publié il y a longtemps, par conséquent, il commence à s'effacer. Les textes de plus de quatre ans sont presque illisibles. Prenez garde.
Voir la page vernis numérique pour en savoir plus sur cette patine numérique.

Comme évident

mise en ligne : dimanche 18 juin 2017

8 juin 2017

Je commence à croire, peut-être pour me rassurer, que si mes textes sont bons, et on me le dit, et je m’en tiens à ça, tant que personne ne prend la peine de me dire le contraire, et puis je veux dire bons au point qu’il est bon temps d’arrêter de travailler dessus voilà c’est bien on envoie allez hop ; bref, le problème que je rencontre dans la publication revient à moi en tant qu’auteur. Le texte, bon, pourquoi pas, mais lui, là ? Je produis des textes, ou plus précisément mon site, par exemple, produit des textes, qui n’ont pas besoin de moi, de mon existence, qui se suffisent à eux-mêmes et n’ont pas besoin d’un éventuel blabla d’explication, de suivi, de soutien, tout ce travail d’auteur que je ne suis pas, et quand l’éditeur se retrouve confronté à moi qui prétend avoir écrit ce qu’il vient de lire ou a lu il y a six mois il ne comprend pas, quelque chose ne va pas, ça colle pas. Six mois, un an, et alors le texte commence à s’éloigner de moi, un an, deux ans, et je l’oublie tout à fait et il devient alors très douteux que j’en sois effectivement l’auteur, je dois parfois me battre pour faire reconnaître que j’ai bel et bien envoyé ce texte et que j’en suis l’auteur, deux ans, quatre ans, et c’est pire car ils s’effacent de mon site, je ne comprends pas ce qu’il se passe mais une patine recouvre les vieux textes (celui-là par exemple), ils deviennent de plus en plus illisibles, je ne peux plus rien faire et je suis allé voir en base de données et le phénomène touche aussi les octets bien enregistrés dans le coffre fort mais vermoulu de mon hébergeur, comme mon cerveau d’où, dit-on, seraient sortis ces textes. Vieille question que je me pose, de ne pas reconnaître mes textes.

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Dans un rêve j’ai vu les résultats des législatives, avec le décompte par bureau, centaines ou milliers de voix à chaque fois, quelque chose de très dénombrable et en cliquant le lien était fait administrativement, macroniquement, avec les réseaux sociaux à la cool et on pouvait savoir qui avait voté et qui n’avait pas voté (comme on le peut déjà) mais aussi qui avait voté pour qui.
Ensuite il y avait des rafles.

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10 juin 2017

J’imagine demain, l’état tumultueux d’une majorité sans majorité, en effet je ne comprends pas bien qui pourrait voter pour les macronistes après que l’on a su que c’était un vote barrage, par défaut, utile dès le premier tour, là pour les législatives, nulle doute que tout ira à gauche toute, non ?

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Je lis Guy Benett, généreux, page 101 il nous offre un "Poème + 25% de poésie GRATUITE". C’est quand même rare de nos jours, je trouve, un poète aussi généreux, alors que vous n’avez rien demandé, et qui vous offre comme ça, sans arrière pensée, 25% de poésie gratuite en plus. Du coup je ne sais pas si je peux vous l’offrir, là, ici pour vous donnez envie d’acheter le livre, qui présente un rapport qualité-prix-poésie très intéressant. Je le mets quand même, mais vous ne le direz pas, d’accord ?

À l’origine, ce poème
n’avait que quatre lignes.

Afin de donner aux lecteurs
une valeur perçue plus élevée,
j’ai ajouté ce cinquième vers.

C’est chez L’Attente, traduit par Frédéric Forte & Guy Benett.

Poème post-consommation

Ce poème est fait
à 100% de langage post-consommation,
un matériau qui a achevé il y a longtemps
son cycle de vie
comme produit de consommation
et dont on peut à tout moment se débarrasser
sous forme de déchet non physique.

Étant immatériel,
ce matériau ne saurait être plus
respectueux de l’environnement,
ce qui en fait un article de consommation
déculpabilisant :
qu’importe le poème que vous lisez,
vous pouvez être certain de lire
un produit fait de matériaux récupérés
ayant le maximum
de contenu recyclé post-consommation.

Il y a aussi dans ce recueil un poème trouvé par l’auteur quai de Valmy. J’ai voulu le recopier ici, car il était très beau, mais je ne retrouve plus la page. Mais ce n’est pas grave parce que j’ai moi-même trouvé un poème, sur une nappe de papier, dans un petit restaurant pakistanais rue du Faubourg Saint-Denis ; mais il est en rimes.

J’ai dormi sur la queue de l’ours
J’ai trop mangé son écuelle
Quand il s’éveillera je cours
Pour me cacher dans la ruelle

En désordre je réfléchis
Dans mes bras la peau de l’ours suinte
J’essaie de trouver le bon prix
Sous le trottoir les égouts chuintent

Je l’ai vidé à la va-vite
J’ai peur que ça ne soit grief
Aux yeux des deux flics moscovites
Il me faut éviter Kiev

La frontière close est poreuse
Un récit pend aux barbelés
D’autres histoires catthareuses
Le mien prend fin tuberculé.

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