…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Quelque chose plutôt que rien

mise en ligne : vendredi 30 juin 2017

29 juin 2016

Il faudrait faire quelque chose. Je veux dire vraiment. L’idée de Nuit Debout était un début mais il faudrait ne pas y parler, ne pas y débattre, simplement être présent, présent contre tout ce qui est indécent, contraire à la liberté, à l’égalité et à la fraternité les plus basiques. S’arrêter, rien que ça, trouver un endroit et venir pour s’y arrêter, contre les lois iniques, les traitements inhumains, le non-accueil, le tout-argent, contre la bêtise, l’orgueil, l’avarice. Et même pas ça. Même pas dire pourquoi l’on vient, contre quoi ou pour quoi l’on est. Rien. Simplement être là, sans bouger, sans rien dire, mais en opposition totale, radicale, jusqu’à ... Justement, prétendre savoir "jusqu’à quel moment" et en parler ne mènera à rien. Être là, déjà, au minimum et attendre ce "jusqu’à", attendre sans rien dire, sans rien préparer, attendre ce qui ne saurait faire autre chose qu’advenir. Et à ce moment-là seulement, quand il n’y aura même plus de "jusqu’à", quand au minimum, sans doute, mais je ne devrais pas le dire, l’ancien ordre aura cessé de commander, il sera temps de (re)prendre la parole. Ou de continuer comme ça, peut-être, à "ne pas", indéfiniment.

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En attendant je ne me fais pas trop de soucis, car mon fils, du haut de ses 30 mois, "désactive les méchants".

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Village, je ne sais pas. Voilà trois ans que j’essaie de le publier, dans un contexte éditorial déjà différent, qui bouge plus que le CAC 40. J’ai pourtant essayé de retirer tout ce que je pouvais, d’en mettre le moins possible, d’écrire presque rien, mais il me semble que j’ai échoué. De la famille de "tu", je ne mentionne que l’existence dans quelques directions possibles des silhouettes qui disparaîtront au profit d’autres relations taillées par l’écriture. D’autres voisins, d’autres silhouettes. Il y a des personnages, et de la fiction, mais j’ai fait de mon mieux je crois pour que cela ne devienne pas des intrigues mais simplement des possibilités. Comme des pistes que le lecteur peut explorer s’il le souhaite, en refermant le livre. Mais je suis peut-être une mauvaise voie, celle d’une tradition fragile, quand j’ai l’impression que ce qui se trame et "se fait" — je veux dire majoritairement, je ne parle pas des quelques livres où je retrouve ça et que j’arrive à trouver au milieu de la masse, et avec lesquels je me sens en sympathie, parce que je crois que c’est la seule manière respectueuse d’écrire : laisser de la place au lecteur et à sa rêverie — est plutôt dans l’explicatif, dans l’analyse embarquée dans le texte, où la description d’une scène ne suffit pas, il faut en plus expliquer ce que ressens le personnage et pourquoi il le ressent et pourquoi cela fait sens dans le livre. Enfin, il faut que j’oublie ce livre car le suivant, Hh (rien à voir avec Hitler ni Laurent Binet ; à quel moment je dis le titre ? Quand j’en suis sûr ?) est à relire, à amender, à augmenter ici, à réduire là, il repose pour l’instant et je le ressors bientôt du fond de ses océans marins.

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En attendant je ne me fais pas trop de soucis, car ma fille, du haut de ses 7 ans, a envoyé un synopsis pour Clochette et le volcan, film de la franchise Disney Fairies, en Californie.

Mots-clés

cinéma   en cours   politique   écrire   Révolution  
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