…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Relâchement final

mise en ligne : jeudi 14 septembre 2017

.. août 2017

À la maison de retraite : "hébergement permanent et temporaire".

Je doute qu’un passage ici puisse être autre chose que temporaire. L’option "permanente" est soit un mensonge, soit coûte plus que de l’argent et toute l’âme y passe.

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Je repense à Au piano, d’Echenoz, Spoiler alert/Alerte divulgâchage et à ce purgatoire hôtelier très amusant, à la nonchalance du personnage, et à la fin dans le grand magasin, on avait lu ailleurs l’enfer que c’est, ici-même, l’escalator en particulier, et se retrouver là face au diable et à son horrible manigance finale et tout à fait logique. Je suis resté cependant sur ma faim : les vertiges de mélancolie qui ont été possible avant dans le roman ne se retrouvent pas là, et je n’en avais pas grand chose à faire de ce qui passait, et je crois le personnage non plus contrairement à ce qui était dit. D’ailleurs l’auteur a dans ces dernières pages la faiblesse d’écrire le mot "enfer" alors qu’on a compris depuis plus de 100 pages, pourquoi préciser là ? Encore un livre qui bascule sur une erreur assez "petite", Echenoz est capable en un paragraphe de nous pousser du haut d’une falaise, mais pourquoi cette mollesse soudaine à la fin alors que tout le reste est parfait ? Dommage, autrement, c’est déstabilisant et parfaitement logique dans l’absurde, on se croirait parfois dans Twin Peaks. Enfin, c’était bien, allez. Je m’inquiète surtout pour moi, on se lit partout, n’est-ce pas ? — quand je lis ça même chez Minuit, je me dis que je suis foutu, que tout ce que j’écris va s’écrouler, se transformer en cauchemar et j’entends dans la forêt la nuit Laura Palmer hurler.

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Comme dans Au piano, il m’arrive de reconnaître quelqu’un dans la rue, qui semble me reconnaître, tout en sachant réciproquement que nous sommes deux inconnus, ou devons l’être et le rester. Mais quelque chose dit que c’est bien ça, celui-là qui ressemble à tel oncle, même moue altière et raie sur le côté, même pull sur chemisette et cigarillo. Et elle qui ressemble à ma mère, cheveux pareils, même façon de vêtements et manteau avec broche insecte ; avec donc cette différence de chirurgie esthétique légère, de rajeunissement discret. Et ils passent, et je passe, et nous nous sommes peut-être reconnus mais, un peu comme dans le livre, il est interdit d’en parler sous peine de perdre le droit au Paradis.

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Kertész :
Attention : il flirte avec la liberté et couche avec la tyrannie.

 

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