…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Quelques ciels d’été

mise en ligne : lundi 2 octobre 2017

14 juin 2017
21:37
Ciel bleu adouci de petits nuages blancs mais la chaleur épaisse répercutée par le bitume brûle et ralentit tout.
17:49
Un avion lacère d’une mince fente brillante la brume qui voile le ciel à l’ouest. Le vent faible peine à faire oublier la chaleur du jour.

15 juin 2017
21:18
Nuages, draps tendus posés à plusieurs altitudes, brodés des traînées poudreuses des avions dont le grondement lointain ne s’éteint jamais.

16 juin 2017
21:15
Les nuages mal gommés, le soleil envoie un dernier baiser doré aux antennes hertziennes, la vive chaleur de fin d’après-midi déjà enfuie.

17 juin 2017
09:30
Douceur trop fraîche pour être appréciée, il faudra attendre onze heures, peut-être midi.

18 juin 2017
09:31
Même ciel uniforme que dans mon rêve. Les hirondelles volent haut, les avions bas et sans bruit.
22:00
Les bras chaleureux du soir, les rues désertées où la violente chaleur du jour s’efface, très haut un avion pour lequel il fait encore jour.

19 juin 2017
11:14
Ciel bleu fixe, gris clair à l’horizon — pollution légère ? Dans une flaque laissée par un camion laveur de trottoir, un pigeon se rafraîchit.
17:19
Cuisson, pure et simple, air immobile comme dans un four sans même la chaleur tournante. Plus rien à décrire.

20 juin 2017
22:56
On dirait indigo, un mot sur ce bleu qui tarde à devenir noir, comme s’il fallait attendre le frais, que la nuit puisse enfin tomber.

22 juin 2017
10:37
Mal de tête continu, migraine douce de canicule. Aux sommets du brasier, les avions au ralenti fondent.
17:29
Le ciel se couvre enfin de nuages, mais ils sentent les promesses non tenues. Il fait encore aussi chaud qu’au fond d’un arrosoir sec.

27 juin 2017
21:53
Sous un ciel de boursouflures mauves et de trouées grises où peut enfin s’accrocher la pensée, sous cette lente chimie, un jappement triste.

28 juin 2017
19:29
Par l’entremise des pluies, un peu du ciel a déteint sur le sol, la fraîcheur est comme un regret qui s’estompe après une sourde colère.

1er juillet 2017
10:06
Ciel blanc sans lumière. Crépitement liquide des roues des voitures sur le bitume luisant. Lenteur. Quelque chose apaisé et inquiétant.

3 juillet 2017
22:43
C’est sans doute faux, mais je vois le ciel vert. Un vert de pierre, un quartz, quelque chose compressé des millions d’années, translucide.

5 juillet 2017
22:07
Rugueuses, roses et mauves, des strates jusqu’à l’horizon couvrent les immeubles de verre au loin, cristaux d’une immense caverne magique.

6 juillet 2017
10:28
Tonnerre réel mêlé à celui terrible du film. Nuit partout. Projeté dans un salon boisé inquiétant, parfumé d’une forêt de sapins de Douglas.

9 juillet 2017
21:22 – 22:08
Flash blanc sur la poche sombre des nuages immobiles, on compte les secondes, on pense vitesse du son, le souffle arrive, espoir de pluie.
Et le parfum métallique de la pluie sur le bitume, et l’impact net des gouttes sur le zinc des toits.
Et soudain l’odeur organique et boueuse venue des égouts surchargés nous plonge dans la nuit tropicale d’une jungle fétide.

20 juillet 2017
16:35 (heure de Paris)
Au téléphone dans le bus : « ah ? Il pleut à Bamako ? »

21 juillet 2017
15:07
Le ciel bleu encore marqué du couchant de la veille, la nuit n’a pas effacé tous les souvenirs d’hier.
Quelque chose à reprendre, là, allongé sur un banc.

28 août 2017
21:40
Bleu minéral sombre si pur, à voir la course régulière d’un satellite basse altitude, peut-être l’ISS, peut-être des humains.

 

il faudrait maintenant que je n’ai pas la flemme de poursuivre ces fragments

Photo : un ciel d’automne

Mots-clés

temps   ciel   jour   nuit   ville  
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