…atelier ouvert de Joachim Séné, écriture…

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Dictée

mise en ligne : mardi 10 octobre 2017

27 septembre 2017

Il restait peu de la boue affleurant les sirènes, dont le vol somptueux recouvrait la ville d’étincelles. Des soupirs sans bouche avaient tout purifié et au sommet des campaniles, pendues au bout de chaînes d’argent, tournaient les copies électroniques des cerveaux citoyens, ce que certains appelaient encore : âmes.
Mais où étaient passés les corps ?

*

Écrire plus souvent à la dictée, comme disait Philippe Annocque, hier soir. Pas exclusivement, mais utiliser ça, comme je l’ai fait, finalement, pour les Nuits. Peut-être reprendre ce geste, exercice quotidien. J’admire les vrais quotidiens, François, Guillaume, Seb, Arnaud,... Et je me souviens quand je l’étais aussi, pendant l’écriture de C’était, chez Anthony, dans son Convoi. Il faudrait que je recommence, quelque part, quelque chose. Faire confiance aux mots, se lancer dedans, sans penser pouvoir maîtriser quoi que ce soit.

*

Donc, reprenons. Le 11 octobre, La Crise, suivie de Je ne me souviens pas, le 6 décembre, C’était, tous les deux revus, augmenté pour La Crise, et sur un plus beau livre papier, 10x15.

*

Je relis Village. Trouve chaque passage illégitime, vide, tout a été soufflé par un vent de plusieurs années — qu’ai-je voulu écrire ? Qu’ai-je écrit ? Je sais que la distance fait ça — il est trop loin, écrit il y a trop longtemps — ou c’est le contraire — trop proche de moi encore — que c’est parce que je me relis : il faut que je vois là le texte de quelqu’un d’autre. Que je le chasse définitivement, il reste ce travail à faire.

extrait de Village
Et pour toi la même joie impressionnée, en août, de voir passer les moissonneuses, monstres soulevant des nuages de poussière céréale et terre, plus beaux à voir de loin car tu les crains de près, le rouleau acéré de leurs mandibules géantes qui brille encore après des nuits et des jours d’efforts sous la chaleur menaçante d’un orage jamais éclaté qui ne cesse, d’un vent massif et lourd, trop lent, comme une glu, de déposer sur ta peau les bêtes d’orage, virgules noires chatouillantes, mortes à la maison derrière les sous-verres ou dans les lames d’air des survitrages, dans les écrans des calculatrices et autres lieux sans volume – et toi tu crains d’être invisible aux rouleaux tranchants, sur le chemin de terre pédalant, happé par ces dents, haché, aplati, jeté hors de l’espace.

Mots-clés

en cours   vernis   fiction   écrire   nuit   Philippe Annocque   publication  
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