Journal éclaté

par Joachim Séné

Biblio

2 Nobels et 1 chien

mercredi 25 novembre 2020

31 octobre 2020

Je découvre une histoire de physique des particules et de famille. Là où son père Joseph John Thomson avait vu l’électron comme une particule détectable, et reçut le prix Nobel de Physique pour ses recherches en 1906, George Paget Thomson démontra que l’électron est sujet à la diffraction, ce qui fait de lui une onde, il reçut le prix Nobel de Physique pour ses recherches en 1937.

Cette double découverte familiale confirma le principe de dualité onde-corpuscule pour toute particule, proposé par Louis de Broglie [1] entre les deux Nobels, en 1924.

*

Sur "Charlie Kaufman explique son film" Jérôme Momcilovic [2] se moque car un réalisateur ne doit pas avoir à "expliquer son film", mais en réalité il parle du titre choisit par un journal, le réalisateur dit bien qu’il laisse libre l’interprétation, après si on lui pose des questions il en parle, mais de la même manière que 95% des interviews d’écrivains ou de réalisatrices sont faits de "qu’avez-vous voulu dire", "dites-nous ceci", "expliquez-nous" c’est dans la bouche des journalistes trop souvent, il me semble. Evidemment que sur un film "compliqué" ou "pas comme les autres", le journal va utiliser le mot "expliquer". Dans l’émission J.M prononce le nom de Ch.K un nombre incalculable de fois, pourquoi ne parle-t-il pas du film ? Il se lance à la place dans une psychanalyse sauvage du réalisateur, lui refusant le droit de créer une oeuvre qui soit critiquable en tant que telle mais uniquement par rapport à la psyché supposée de Ch.K.. J.M dit "Kaufman veut nous faire entrer dans son cerveau à lui", mais je ne vois pas du tout pourquoi il nous dit ça, il attaque le réalisateur un peu gratuitement. C’est le comble sur un tel film de ne pas nous parler des images, des sons, des cadrages... Alors il me répondrait que Ch.K "se regarde écrire", mais je n’ai jamais bien compris cette critique, utilisée souvent contre des films qui essaient d’écrire autrement, hors du récit bien souvent, dans la poésie, qui ratent parfois [3], qui réussissent aussi, mais ce n’est pas avec cette critique-là qu’on le saura. Et puis dire ça d’Adaptation c’est un peu ridicule vu que c’est précisément le sujet du film, de se regarder écrire. Et donc, oui : et si c’était le sujet de tous ses films ? Peut-on parler de réalisation, de scénario, en le filmant ? Ces questions sont passionnantes, au contraire de certaines critiques. La première scène dans la voiture serait "explicitement ennuyeuse", mais pourquoi "explicitement" ? Et puis je ne l’ai pas trouvé ennuyeuse. Le battement de l’essuie-glace est passionnant par exemple, comment il est mis en son par rapport à l’habitacle et aux pensées de Lucy (Jessie Buckley), et comment la caméra tourne autour. "Le thème c’est lui [Ch.K]" mais d’où il sort ça ? Si en regardant le film je me reconnais totalement dans les sensations qui passent, dans cette poésie, eh bien le thème c’est moi. Les références à Resnais, pourquoi pas, je connais mal Resnais, apparemment sur la neige. Mouais. La neige. Ok. J’ai vu plus du Lynch dans les intérieurs, dans les lumières, les bizarreries. Pourquoi Kaufman n’aurait pas de références dans le cinéma américain ?

Portfolio


[1Prononcer "de Breuil".

[2Dans La Critique.

[3Je me souviens de We Need to Talk About Kevin encensé comme film d’auteur, d’autrice pour le coup (Lynne Ramsay) mais on ne le disait pas encore à l’époque, mais que je n’avais pas du tout aimé : des raccourcis psychologisant du café du commerce, des effets inutiles, quelques beaux plans à peine, certes une volonté de filmer autrement, mais il y avait besoin d’un scénario très classique et très solide — ce dont peut se passer Kauffman par exemple...